Biocombustible : le charbon de bois nuit à la santé

Publié le par Alain GYRE

Biocombustible : le charbon de bois nuit à la santé        

Mardi, 30 Juillet 2013

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90% des ménages malgaches utilisent le charbon de bois ou le bois de chauffe pour cuisiner. Pourtant, la combustion du bois de feu domestique dégage une fumée nocive pour la santé humaine. D’après les statistiques, l’énergie dégagée par les biocombustibles traditionnels représente à l’heure actuelle à peu près le dixième de la demande énergétique humaine totale (plus que la somme de l’énergie hydroélectrique et nucléaire), et les combustibles à base de bois constituent probablement les deux-tiers environ de l’utilisation domestique.

Il convient de noter que le charbon de bois, un combustible brûlant relativement sans résidus, pourrait faire l’objet d’une utilisation croissante dans certains pays en développement, notamment dans les zones urbaines d’Afrique, alors que l’emploi du bois de feu domestique et d’autres types de biomasse solide va en décroissant lentement. Toutefois, le charbon de bois peut présenter d’autres genres de risques pour la santé et exercer aussi un impact sur la forêt.

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Depuis la moitié des années 80, et plus fréquemment depuis la moitié des années 90, plusieurs douzaines d’études épidémiologiques publiées ont examiné une série d’effets sur la santé de la pollution atmosphérique intérieure due aux combustibles solides. Plusieurs effets sur la santé ont été observés à maintes reprises auprès des ménages qui utilisent des biocombustibles, comme les infections aiguës des voies respiratoires inférieures (pneumonie) chez les enfants en bas âge. Lesdites infections sont d’ailleurs le principal responsable de la mortalité infantile mondial et causent la plus grande perte d’années de vie du monde. Viennent ensuite la maladie respiratoire obstructive chronique comme la bronchite chronique et l’emphysème chez les femmes adultes qui ont cuisiné de nombreuses années sur des fourneaux à combustible solide sans ventilation.

Dans une évaluation du risque associant les résultats de nombreuses études publiées, l’OMS a comparé l’incidence de la maladie et de la mort prématurée dues à l’emploi de combustibles solides à d’autres importants facteurs de risque, comme la pollution atmosphérique extérieure, le tabagisme et l’hypertension. Les résultats indiquent que l’emploi de combustibles solides pourrait être la cause de 800.000 à 2,4 millions de morts prématurés chaque année selon la FAO. Il a été observé, dans un certain nombre d’autres études, que l’emploi de biocombustibles est associé à la tuberculose, à la cataracte, au faible poids à la naissance de bébés de mères exposées enceintes, et à d’autres états pathologiques. Cependant, ces constatations ne sont pas encore considérées comme aussi probantes que celles relatives aux maladies citées plus haut.

En 2006, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a passé en revue les preuves au niveau mondial et classé la fumée dégagée par le biocombustible domestique comme agent cancérogène humain probable, tandis que la fumée du charbon était répertoriée comme agent cancérogène humain prouvé. On pourrait en déduire que la fumée dégagée par la biomasse n’est que faiblement cancérogène. La plupart des preuves relatives aux biocombustibles concernaient la fumée de bois.

Si une population quelconque des pays développés connaissait les hauts niveaux de pollution dus aux biocombustibles que l’on rencontre dans des centaines de millions de ménages, aucune preuve ultérieure ne serait nécessaire pour déclencher une intervention massive – un autre signe des disparités extrêmes que l’on trouve dans le monde. Cependant, dans les pays défavorisés, des preuves fiables et des évaluations précises sont requises pour déterminer les priorités et les moyens les plus rentables pour s’attaquer à la vaste panoplie de problèmes de santé et autres dus à la pauvreté.

R.V.

La Gazette

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