Biodiversité – Halte à la chasse aux lémuriens

Publié le par Alain GYRE

Biodiversité – Halte à la chasse aux lémuriens

 

04.09.2014

 

Le patrimoine naturel de la Grande île fait face à de sérieuses menaces, au fil des années. Les primates figurent toujours comme l’espèce en voie de disparition.

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Pour la énième fois, les primatologues de la planète tirent toujours, la sonnette d’alarme sur les dangers guettant les lémuriens malgaches. Le 25ème congrès de la société internationale des primatologues (IPS), tenu à Hanoï au Vietnam, le mois dernier, classe ainsi cinq espèces de lémuriens dans la liste des 25 primates en danger. « Cette liste est renouvelée tous les deux ans. Une fois de plus, nos lémuriens, malheureusement, y ont été encore inscrits », a expliqué Jonah Ratsimba­zafy, primatologue. Trois espèces font partie des celles nouvellement inscrites dans cette liste, comme critiquement en danger par rapport à celle de 2012-2014. L’effectif de l’hapalémur d’alaotrensis, localisé seulement dans les roselières autour du lac Alaotra, région Alaotra Mangoro, a ainsi connu une diminution inquiétante. Le propithecus perrieri, dans des fragments de forêts sèches au Nord de la Grande île, ne compterait plus que quelques centaines d’individus. La troisième espèce nouvellement inscrite dans cette liste d’espèce en danger critique, selon le communiqué du 25ème congrès de l’IPS, est le cheirogaleus de lavasoensis. Cette espèce venait d’être décrite en 2013, et n’a été constatée que dans trois petits fragments de forêt sur les pentes méridionales des trois principales parties des montagnes de Lavasoa, au Sud de Mada­gascar.

Cette espèce compterait seulement, une centaine d’individus dans la nature.

Menace accrue

Tandis que le Varecia rubra et le lépilémur septentrionalis figurent toujours dans la liste rouge depuis 2014. Le premier est localisé à la péninsule de Masoala, dans le Nord-Est. Son habitat est fortement menacé par l’exploitation illégale de rondins de bois de rose depuis 2009. L’espèce est également victime d’une chasse excessive, pour servir de mets aux trafiquants. Le lépilémur septentrionalis, dans l’extrême Nord, est considéré comme l’espèce la plus menacée dans le pays, avec seulement une soixantaine d’individus identifiés. « Cette liste devrait être encore rallongée avec plus de 80% des espèces de lémuriens classées, menacées d’extinction dans la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conser­vation de la Nature. Mais la Grande île n’a droit qu’à cinq espèces à inscrire », souligne Jonah Ratsimbazafy. Les principales menaces pour ce primate sont la destruction de son habitat, la plupart d’entre eux étant arboricoles, et la chasse excessive.

Sept millions de dollars, suivant le plan d’action conçu 2013, doivent être ainsi trouvés afin de sauver ces espèces. « Cette somme servira notamment à promouvoir le développement dans les zones autour de l’habitat de ces espèces. Savez-vous que le risque d’extinction d’une espèce dans une île est de 72%. Car l’espèce est endémique dans une île », conclut le primatologue.

 

Vonjy Radasimalala

L’Express

Publié dans Revue de presse

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