Biodiversité: Les crapauds empoisonnés d’Asie envahissent Toamasina

Publié le par Alain GYRE

Biodiversité: Les crapauds empoisonnés d’Asie envahissent Toamasina       

Lundi, 05 Mai 2014

Bien que beaucoup ait été déjà dit sur les crapauds épineux d’Asie, appelés « radaka boka » ou « radaka voay » à Toamasina et réputés pour être empoisonnés, d’autres questions se posent toujours. Cela ne cesse de hanter les esprits car le problème cause une obsession, sinon la psychose et la peur actuellement. L’on se demande par qui et comment cette bestiole a-t-elle pu s’introduire chez nous, comment évolue la situation et quels en sont les impacts sur la population et notre biodiversité. Et surtout, tout un chacun se demande quelles sont les mesures prises jusqu’ici. C’est justement cette dernière question qui a fait l’objet d’une conférence de presse, hier, au Centre de presse à Antsakaviro, organisée par le ministère de l’Environnement, de l’Ecologie et des Forêts.

Selon les Dr Nirhy Rabibisoa et Eric Robsomanitrandrasana, « L’aspect physique mérite d’abord d’être connu, pour éviter la confusion dans les restaurants et chez les consommateurs de cuisse de nymphe. Ce crapaud empoisonné est grisâtre et couvert de petits creux noirs, le museau plus large, alors que le crapaud consommable a un museau plus pointu et de grande taille. Les yeux du premier sont un peu allongés. C’est surtout la glande mélanophore rouge (le poison), au-dessus de sa patte de devant qui le diffère ».

 

Ce crapaud asiatique a été répertorié à Toamasina depuis 2011, notamment sur le site de la société Ambatovy. Il y aurait été introduit, soit à travers les conteneurs dans les ports, soit par inadvertance ou intentionnellement par des gens venant d’Asie du Sud-est pour des raisons inconnues. Il se reproduit très vite : 40.000 œufs ou le double par an et qui éclosent 24 à 48 heures après, au début de la saison des pluies dans les marécages. Ne sortant que la nuit, il commence à envahir la capitale du Betsimisaraka et ses environs (Barikadimy, Tsararano, Ankifafa et Marovato, entre autres), et même jusqu’à plus de 10 km au sud. Il tue les serpents, les oiseaux et les volailles qui les avalent et causent des irritations sur la peau, les yeux et la narine ou même l’asphyxie (tensions et maladies cardiaques) si on les touche. Ce fléau menace la population et la biodiversité, à telle enseigne que les autorités responsables ont pris des mesures pour maîtriser l’expansion et pour le détruire.

 

Une descente sur terrain s’est effectuée sur le canal des Pangalanes le 27 mars dernier, sous la férule du DG des Forêts et la cellule d’urgence Chytride de Madagascar (échantillons, étude), Madagascar Fauna & Flora Group (MFG), ainsi que les spécialistes d’amphibiens de la société précitée et l’équipe universitaire du Département Biologie animale d’Antananarivo. Ils collaborent dans la communication, la médiatisation et la sensibilisation locale, la lutte mécanique suivant le protocole de biosécurité et enfin, le contrôle des lieux (zones éradiquées, animaux prédateurs, population, ports, etc.). Mais pourquoi avoir attendu  trois ans pour agir contre ce genre de 10 plaies d’Egypte ?

 

A.Clément

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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