Biodiversité locale: Un grand capital à préserver

Publié le par Alain GYRE

Biodiversité locale: Un grand capital à préserver  

Mardi, 24 Décembre 2013 08:32

 

Pendant la saison des pluies, les organismes exerçant dans la conservation de l’environnement ainsi que les paysans essaient de leur mieux de valoriser l’environnement, pour avoir un peu de verdure et profite pour planter encore des bois.

 

De leur côté, à cette saison, l’Etat ainsi que d’autres institutions se mobilisent pour faire du reboisement. Tout ceci dans le but de protéger l’environnement de la Grande Ile. Autrement dit, les populations locales sont conscientes du capital ou de l’enjeu apporté par la préservation de la biodiversité.

 

Malgré ces initiatives, la biodiversité locale pourrait disparaître. Car l’état de l’environnement se dégrade petit à petit. Pourtant, le pays est réputé pour sa faune et sa flore exceptionnelles, dont plus de 80% sont endémique du pays. De plus, plus de 75% des populations locales y en dépendent grâce à  leurs vertus. A cet effet, l’appauvrissement de l’environnement ou sa destruction entraine une grande perte non seulement du point de vue écologique mais également économique.

 

Le rapport de l’Usaid indique qu’au cours des quelque 25 ans couverts par l’étude, la croissance démographique a été de trois pour cent par an. En 1990, Madagascar comptait 11 millions d’hectares de forêts et 11 millions d’habitants ; aujourd’hui, les forêts ont été réduites à neuf millions d’hectares et la population est passée à 20 millions. L’USAID a estimé que moins de deux millions d’hectares de forêts suffisaient à satisfaire la demande intérieure en bois de chauffe et de construction.

 

Des projets environnementaux ont contribué à ralentir la destruction des forêts – d’environ 0,83 pour cent chaque année entre 1990 et 2000 à 0,53 pour cent après 2000 – mais plus d’un million d’hectares ont été perdus entre 1990 et 2005. Ce résultat explique qu’il y a une mauvaise gouvernance et une instabilité politique chronique qui sont au cœur du problème, a dit le rapport.

 

De plus, la corruption systémique, des crises devenues la norme dans le paysage politique, et des stratégies à court terme de gestion des ressources, qui profitent à des dirigeants éphémères mais pas à la population dans son ensemble… ont rendu difficile, voire impossible, la création des conditions économiques nécessaires pour élargir des interventions environnementales prometteuses. A cet effet, le rapport a conclu que « la préservation de l’environnement est l’otage du développement économique, et le développement économique est l’otage de la bonne gouvernance ».

 

De son côté, Care International à Madagascar, une ONG de développement, a noté qu’il y avait « un besoin urgent de rétablir les investissements dans les programmes environnementaux, mais cela ne peut se faire de manière isolée – et doit être accompagné d’une attention permanente portée à la bonne gouvernance et au renforcement des capacités de la société civile pour garantir un climat propice et positif », afin de mettre un terme à la destruction de la biodiversité.

 

Notons que Madagascar est considéré comme une priorité mondiale en terme de conservation de la biodiversité. L'île abrite cinq familles de plantes endémiques, d’environ 14000 espèces végétales, dont près de 90% sont endémiques. La diversité des primates est exceptionnelle avec 101 espèces et sous espèces toutes endémiques. Les cinq familles d'oiseaux endémiques  représentent les 51% de la diversité. Sur les 370 espèces de reptiles, 90 % sont endémiques. Les amphibiens sont uniques pour le pays car avec les 278 espèces recensées, presque 100% ne se trouvent nulle part ailleurs. Cet écosystème très riche en taxons est plus résistant et a une capacité d’adaptation aux stress externes que celui où le nombre d’espèces est limité. Et pour faire face aux problèmes, la Grande Ile a élaboré et a adopté déjà des initiatives, des mesures et des politiques stratégiques afin de réduire, d'atténuer les menaces, de protéger l'environnement et aussi de conserver la biodiversité.

 

R.V.

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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