Biodiversité: Rien que 25 fuligules de Madagascar dans la nature

Publié le par Alain GYRE

Biodiversité: Rien que 25 fuligules de Madagascar dans la nature           

Mercredi, 27 Août 2014 07:00

Cet oiseau endémique de Madagascar et parmi les plus rares du monde a besoin d’un nouvel habitat. On ne compte dans la nature que 25 individus de cette espèce de palmipède qui est en fait un canard de plongée qu’on a cru éteint jusqu’en 2006. A cette époque, les chercheurs de Peregrin fund ont découvert 9 individus adultes et 4 canetons sur un lac isolé du Nord-ouest. Un programme de conservation a été lancé en 2009 et début 2012, 18 canetons sont nés dans un centre de reproduction grâce aux œufs récoltés dans les nids bordant le lac Matsaborimena à Bemanevika. Mais la 1ère étude sur les oiseaux les plus rares du monde révèle que 96% des canetons meurent avant de savoir voler. Cette étude publiée dans « Bird conservation international » précise que le taux de mortalité augmente au fur et à mesure que les canetons grandissent. Ce taux atteint un pic lorsque les canetons ont entre 2 et 3 semaines. Ce fort taux de mortalité s’explique par la faim suivie d’une mort lente. Les canetons ne peuvent pas trouver de nourriture car l’eau est trop profonde pour eux. Sans des interventions humaines pour leur survie, cette espèce risque de disparaître.

 

Pour l’heure, elle est uniquement visible au complexe de lacs de Bemanevika. Ces lacs sont l’une des dernières zones humides préservées dans le pays selon les chercheurs mais ils ne sont pas adaptés aux besoins des fuligules. Il leur faut une grande zone humide aux eaux peu profondes. En 2009, les partenaires du projet cité plus haut ont lancé un programme d’élevage en captivité et ont obtenu 54 fuligules. Des zones humides à proximité pourraient les abriter mais il faut les restaurer et avoir l’adhésion des communautés riveraines pour que la conservation réponde au développement local et à celui des fuligules. Rappelons que cette espèce était encore très répandue avant les années 60 et a disparu avant toute tentative de l’étudier jusqu’à sa redécouverte en 2006. Depuis, des chercheurs de Peregrin fund, de Durrell wildlife conservation trust et de Wildfowl & wetlands trust (WWT) ont entrepris une série d’études pour apprendre autant que possible sur ces oiseaux.

 

Ces recherches aident à comprendre pourquoi le fuligule est si rare. Sinon, il faut noter l’engagement des communautés locales et de la région Sofia qui a choisi comme emblème le fuligule appelé également « fotsimaso ». La sauvegarde de cette espèce dans des zones humides menacées par les pressions humaines, est le fruit de la collaboration entre les autorités et chercheurs malagasy et des organisations internationales. Sur le plan financier, elle a reçu le soutien de Darwin initiative, Mitsubishi corporation fund for Europe and Africa, Fota wildlife park, BBC wildlife fund, Synchronicity earth, des membres de WWT et Durrell… Pour aider la sauvegarde du fuligule de Madagascar : http://www.wwt

 

.org.uk/support/our-appeals/mission-madagascar/

 

Recueillis par Fanjanarivo

La Gazette

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