Biodiversité: un salut pour les bois précieux

Publié le par Alain GYRE

Biodiversité : Un salut pour les bois précieux

Conférence donnée par les chercheurs du CNRE à l’Institut français de Madagascar

Une dégradation rapide des forêts malgaches. Des chercheurs ont présenté une nouvelle formule pour favoriser la repousse des plantes endémiques.

De l'espoir pour revoir les mil­liers d'hectares de forêts naturelles disparues et les rondins de bois de rose exportés illégalement. Les chercheurs du Centre national de recherche sur l'Environ­nement (CNRE) ont exposé hier les nouvelles technologies pour reboiser dans leur milieu naturel les plantes endémiques de Madagascar. L'exposé a été fait dans le cadre de cycle de conférences organisées par l'Institut de recherche pour le développement, à l'Institut français de Madagascar, Anala­kely.
Cette « technologie » semble à la portée des gens, même si elle fait appel à la science. « Seule la recherche des micro-organismes qui ont composé le sol, nécessite des analyses en laboratoire. Une fois les données collectées, il ne reste plus qu'à composer la formule, pour les produire à grande échelle. Tel est le cas de production du compost », a expliqué Heri­niaina Ramanankierana, chercheur au CNRE. Ce procédé a déjà séduit quelques opérateurs économiques venus assister à la conférence-débat.
Le taux de réusssite de reboisement des plantes endémiques, y compris le bois de rose, dépasse les 95% contre 40 à 50% dans les sites n'utilisant pas le nouveau procédé « Reboiser des plantes endémiques dans les sites forestiers fraîchement exploités
s'avère facile car la majorité de ces micro-organismes sont encore dans le sol pour favoriser le développement de la plante. Mais faire revenir ces micro-organismes dans les anciens sites forestiers demande du temps », ajoute Samuel Razanaka, chercheur du CNRE.

Non magique

Mais même si le nouveau procédé est présenté comme une révolution dans le domaine de la biologie végétale à Madagascar, il n'est pas « magique ». « Le bois de rose, palissandre et ébène sont des bois durs. Il faut un siècle pour avoir un diamètre de rondin de bois de rose de 20 à 30 cm », précise Herizo Randriambanona, un autre chercheur du CNRE. Trans­former l'île rouge en île verte nécessite aussi une
volonté politique. « Le reboisement à grande échelle n'a été effectué qu'en 1920, 1953 et 1970. Le taux de réussite durant ces années avoisine les 90% », conclut Samuel Razanaka.

Vonjy Radasimalala

Jeudi 13 septembre 2012

L’Express

Publié dans Revue de presse

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