Boeny – Pires formes du Travail des enfants : Des enfants casseurs de pierres à 3 ans !

Publié le par Alain GYRE

Boeny – Pires formes du Travail des enfants : Des enfants casseurs de pierres à 3 ans !

fév 27th, 2014

 

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Il arrive très souvent à ces enfants de se blesser les mains, selon leurs parents. Pourtant, on se contente seulement de les soigner avec de l’eau salée, faute de moyens. (Photo Arnaud)

 

Il arrive très souvent à ces enfants de se blesser les mains, selon leurs parents. Pourtant, on se contente seulement de les soigner avec de l’eau salée, faute de moyens. (Photo Arnaud)

 

Les enfants n’atteignent pas encore l’âge d’aller à l’école, pourtant, ils sont déjà contraints de travailler pour aider leurs familles.

 

Si les textes nationaux relatifs au travail des enfants délimitent à 15 ans l’âge minimum des enfants pouvant effectuer des travaux légers, la réalité en est autrement dans certaines régions de Madagascar. Au contraire, c’est encore les Pires Formes du Travail des Enfants (PFTE) qui gagnent du terrain dans le pays en général. Le cas des quelques individus travaillant dans la carrière du fokontany de Belobaka, dans la région Boeny le montre bien, là où des enfants sont obligés de casser des pierres avec leurs parents afin de subvenir aux besoins de la famille. Alors que ces enfants n’ont même pas l’âge d’aller à l’école. En fait, d’après les enquêtes effectuées sur les lieux, la plupart d’entre eux n’ont que trois à quatre ans. Et le travail se fait en famille. A chacun sa tâche, et tout le monde s’y met. En ne gagnant presque rien en retour à part leurs rations journalières très maigrichonnes, malgré leur très jeune âge, ces enfants ont déjà la parfaite maîtrise de leur métier. Dans la carrière, les pères de famille s’occupent de casser les gros blocs de pierre, afin de faire écrouler petit à petit les collines. Les mères s’assurent de réunir en un seul endroit les blocs éparpillés un peu partout. Et ce sont les enfants qui s’occupent généralement de la casse de pierres proprement dite. Il revient aux plus petits (ceux qui ont entre deux et trois ans), de produire des gravillons. A 15 ans, ces enfants ne devront encore effectuer que des travaux légers (qui n’excèdent pas leur forces, qui ne présentent pas de danger, qui ne sont pas susceptibles de nuire à leur santé, ou à leur développement physique, mental, spirituel ou social,… selon le code relatif au travail des enfants). Pourtant, ils n’atteignent même pas cet âge et sont déjà exposés aux PFTE, tous les jours. Une situation tout à fait inacceptable, mais qui existe pourtant à Madagascar, à cause de l’extrême pauvreté qui frappe la population.

 

5000 Ar tous les deux semaines.  Il existe approximativement 1 000 personnes qui travaillent dans cette carrière de Belobaka Mahajanga, y compris les femmes et les enfants. «L’endroit ne nous permet pas de faire d’autres activités pour survivre à part la casse de pierres », témoigne un des villageois. Ainsi, chaque famille essaye de faire de son mieux pour gagner le maximum d’argent qui ne dépasse pourtant pas les 5 000 Ar par m3, selon les témoignages. Alors qu’il leur faudrait à peu près une semaine pour le réaliser, soit 20 000 Ar par mois. « Le travail est dur, pourtant, ne nous fait pas gagner assez d’argent. C’est ce qui nous oblige à impliquer nos enfants», évoque Berthine Avirèze, une mère de famille qui se livre à cette activité depuis 1984. Grâce aux appuis techniques et financiers de l’Unicef et ses partenaires dans les Réseaux de Protection de l’Enfant (RPE), quelques enfants issus de ces familles extrêmement pauvres ont quand même pu être réintégrés à l’école. Pourtant, quand ils n’ont pas école, ils reviennent à leur travail. « Une habitude », affirment leurs parents. En tout cas, du chemin reste encore à faire pour que ces enfants soient entièrement délivrés  de ces souffrances.

 

Arnaud R

Midi Madagasikara

Publié dans Revue de presse

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