Bois énergie : Les pressions sur les forêts augmentent

Publié le par Alain GYRE

Bois énergie : Les pressions sur les forêts augmentent       

Lundi, 10 Mars 2014

«Plus la population est pauvre, plus l’utilisation du bois pour la cuisson est importante (89.3 %) ». C’est ce qu’on peut lire dans l’enquête sur le suivi des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

 

Mais comme la pauvreté affecte près des 3/4 des Malagasy d’après le seuil national de la pauvreté, les pressions sur les forêts augmentent donc. Et elles sont appelées à s’intensifier encore plus avec l’appauvrissement de la population qui n’est pas près de prendre fin. Mais il n’y a pas que les ménages pauvres. L’enquête évoquée plus haut précise : « Plus la population est riche, plus le taux d’utilisation du charbon de bois est accentuée ». Comme quoi, les pauvres comme les riches ont recours au combustible solide dont notamment le bois de chauffe et le charbon de bois. Ce sont les sources d’énergie les plus courantes parce qu’elles coûtent moins chers. Le gaz, considéré comme source d’énergie propre, est encore trop cher pour les ménages malagasy. C’est ainsi que même la population instruite utilise le charbon de bois. L’enquête souligne: « L’utilisation du charbon de bois est très importante pour l’ensemble de la population instruite, avec une augmentation de son taux d’utilisation au fur et à mesure de l’élévation du niveau d’instruction. Le taux va de 17,3% au niveau du cycle primaire incomplet jusqu’à 87,7% au niveau supérieur ».

 

Analamanga reste la plus consommatrice de charbon de bois, avec plus de 73,3% des ménages. Mais la capitale est approvisionnée par des forêts servant quasi-exclusivement à la production de charbon de bois. Il s’agit des forêts de communes environnantes. Seulement, des communes plus éloignées comme Faratsiho approvisionnent aussi Tanà. La croissance démographique aidant, les sources habituelles semblent ainsi ne plus suffire. Ce qui traduit de nouvelles pressions sur des forêts auparavant non exploitées systématiquement pour la production de charbon de bois. Quant à la consommation de bois de chauffe, « plus le chef de ménage est classé parmi les « sans instruction » ou parmi les « primaire incomplet », plus l’utilisation des bois pour la cuisson comme premier choix est élevée, avec un taux de 85,07 % et de 78,67 % ». Le bois est le combustible le moins cher du marché et on sait que le revenu des sans instruction est le plus bas de toute la catégorie socioprofessionnelle. Ce n’est pas étonnant si leurs ménages ou ceux des gens n’ayant pas terminé le primaire, utilisent le bois comme combustible de cuisson.

 

Par ailleurs, il faut noter la gravité de l’appauvrissement de la population, dont notamment rurale, à travers le combustible de cuisson utilisé. Depuis 2010, les ruraux les plus pauvres ayant recours à la paille, au branchage ou à l’herbe ont augmenté de 7,2% à près de 12%. « Cette situation est probablement due à la hausse du prix ou à la régression du pouvoir d’achat, pour ceux qui en achètent, ou à l’insuffisance progressive du bois, pour ceux qui en ramassent, le bois étant le premier combustible le plus utilisé en milieu rural ». Les ménages à niveau de vie moyen utilisent aussi ce genre de combustible. Cette tendance s’explique essentiellement par l’érosion du pouvoir d’achat.

 

Fanjanarivo

La Gazette

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