Change: L’ariary va encore perdre de sa valeur

Publié le par Alain GYRE

Change: L’ariary va encore perdre de sa valeur       

Mardi, 06 Mai 2014

«Tant que la tendance de l’offre de devises et de la demande de devises ne sera pas inversée, cette dépréciation va continuer.

 

Elle pourra encore s’amplifier lorsque la relance de l’économie ira augmenter la demande de devises avec l’accroissement des importations liées à cette relance ». C’est ce qu’affirme Vontsintsalama Andriambololona, secrétaire général du ministère des Finances et du Budget dans le dernier numéro du bulletin mensuel du Trésor public. La dépréciation de la monnaie malagasy n’est pas ressentie d’une manière égale par les opérateurs. Ses impacts sont positifs pour les exportateurs car la dépréciation de l’ariary rend les produits à l’exportation plus compétitifs. Seulement, l’exportation n’est pas encore près de reprendre le chemin de la relance, le climat des affaires étant encore morose. Les coûts des facteurs demeurent élevés… Des efforts sont quand même menés pour stimuler le secteur. Citons les formations dispensées par l’International trade board of Madagascar (ITBM). Elles renforcent les capacités et connaissances des exportateurs, affinent leurs outils pour mieux percer des marchés, être plus compétitifs, etc. Mais l’amélioration du climat des affaires demeure encore un vaste chantier.

 

Si on revient à la dépréciation de l’ariary, elle est négative pour le secteur de production. Le SG du ministère des Finances rappelle : « La majorité des équipements et matières premières est importée. Cet état des choses aura pour conséquence d’augmenter les charges des unités de production à cause du renchérissement du coût des facteurs ». La dépréciation de l’ariary sera donc un problème supplémentaire pour des secteurs comme l’industrie dont la part dans le PIB a déjà connu un fort recul. Si cette part a stagné autour de 15% depuis des décennies, elle a régressé pour se situer à 8,7% depuis la crise. Pourtant, si de nombreuses entreprises franches ont fermé leurs portes aux lendemains de la suppression de l’AGOA en 2010, l’industrie locale de droit commun a tenu le coup même si elle ne retrouve pas jusqu’ici un rythme normal. Elle offre des emplois stables et des conditions de travail moins contraignantes que les entreprises franches. Les répercussions négatives de la dépréciation de l’ariary vont aussi se traduire par un renchérissement du coût de la vie. En effet, le pays importe une bonne partie des PPN dont le riz, l’huile alimentaire, le sucre...

 

Comme quoi, le pire est encore devant nous. L’après-crise politique ne se traduira pas forcément par une après-crise socioéconomique. Cette crise-là risque encore de s’aggraver si l’ariary continue de se déprécier. Les solutions existent et le SG en cite quelques uns, soit « la relance de l’exportation et suivi des rapatriements de devises, la reprise des décaissements sur les projets avec les bailleurs de fonds, la rentrée de capitaux étrangers à travers les Investissements directs étrangers (IDE) quand Madagascar sera de nouveau attractif pour les investissements… » Ce sont des solutions qui risquent pourtant de ne pas se mettre en place sur le court terme. Sinon, elle estime qu’il faut aussi agir sur la surliquidité de l’économie laquelle pèse sur la demande de devises. L’objectif est de ralentir la dépréciation de la monnaie malagasy.

 

Recueillis par Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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