Changement climatique: gagner 4 fois plus avec la réduction des risques

Publié le par Alain GYRE

Changement climatique: Gagner 4 fois plus avec la réduction des risques

     

 

Vendredi, 07 Septembre 2012

 

La prochaine saison cyclonique approche et il faut rappeler que Madagascar est le 3ème pays d’Afrique le plus exposé aux phénomènes du changement climatique. Le coordonateur de l’Initiative commune de plaidoyer pour la réduction des risques de catastrophes à Madagascar (ICPM), Alain Rakotovao souligne qu’investir 1 dollar dans la Réduction des risques de catastrophes (RRC) fait gagner 4 dollars en termes de catastrophe évitée. Hier à l’hôtel Paon d’or, lors de la conférence-débat et l’atelier sur la RRC et le développement, il a expliqué : « Si le pays élabore et met en œuvre une politique nationale et une stratégie de RRC, il fera beaucoup d’économies tout en réduisant les dégâts occasionnés par les cataclysmes naturels. Jusqu’ici, les actions d’urgence nécessitent plusieurs millions de dollars, alors qu’avec la RRC, on peut affecter une bonne partie de cet argent à d’autres postes de dépenses ». Une politique nationale et une stratégie de RRC sont donc indispensables, d’autant que la tendance va jusqu’ici vers les réponses aux urgences. Le coordonnateur de l’ICPM avance qu’il faut aller au-delà de l’aide alimentaire et des autres aides d’urgence.

D’ailleurs, les données de la FAO indiquent que le 1/3 du budget de l’aide alimentaire n’arrive jamais dans les pays bénéficiaires. Il est dépensé dans les pays donateurs en achat de denrées alimentaires, en transport... Notons que les Etats-Unis sont les premiers fournisseurs d’aide alimentaire dans le monde. Mais concrètement, comment réduire les risques de catastrophes ? Le coordonnateur de l’ICMP répond : « On peut citer la mise en place préalable d’abris de refuge. Sur le littoral est du pays, les eaux montent jusqu’à 3 m lors des inondations et ces abris permettent de réduire les dégâts provoqués par ces eaux ». Le directeur du projet de formation pour l’obtention du Diplôme multidisciplinaire en gestion des risques et catastrophes (DMGRC) à l’université d’Antananarivo, Tianamahefasoa Randrianalijaona avance que la recherche fait aussi partie de la RRC : « Elle identifie et analyse les dangers. D’où l’importance du partenariat entre les acteurs de terrain et les chercheurs ». Depuis 2008, des ONGs et entités, à savoir ICCO/SAF FJKM, Médecins du monde, Medair, Care Nord et FAO/Diakonia mettent en œuvre la RRC et travaillent sur l’axe Antalaha-Vangaindrano, soit sur tout le littoral est du pays.

Elles aident la population à mieux se préparer au passage des cyclones. Ces préparatifs portent sur la mise en place d’abris de refuge, le système d’alerte, l’organisation (où et quand évacuer les enfants, les femmes et les adultes, où parquer les cheptels, etc.). L’atelier d’hier a permis de voir les résultats probants de ces actions et de démontrer aussi aux autorités publiques et à tous les acteurs du secteur la nécessité de développer une politique nationale et une stratégie sur la RRC. Madagascar est plus avancé que les 3 autres pays africains (Mozambique, les Comores et le Malawi) exposés aux cataclysmes naturels. Mais il a encore beaucoup à faire par rapport à des pays comme le Japon également très exposé aux catastrophes naturelles mais où les dégâts sont plus maîtrisés.

Fanjanarivo

 

 

La Gazette

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