Charbon de bois : 9% de hausse d’utilisation

Publié le par Alain GYRE

Charbon de bois : 9% de hausse d’utilisation       

Dimanche, 16 Mars 2014

Près de 70% des ménages utilisent le charbon de bois comme combustible pour la cuisson, contre un peu plus de 26% pour le bois.

 

Ainsi, 96% des ménages utilisent l’un de ces deux combustibles pour la cuisson. Ces données de la récente enquête sur le suivi des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), montrent « une dégradation des ressources environnementales, en particulier celles dépendant du bois et des forêts ». Pire, l’utilisation du charbon de bois a tendance à augmenter avec une progression de 9%. C’est une situation inquiétante à plus d’un titre d’autant plus que le pays ne dispose pas encore d’une politique énergétique adaptée à l’évolution du contexte actuel. La dernière politique de ce genre date de 2005 et a donc besoin d’un sérieux lifting ou d’une refonte totale. Un groupe d’experts qui se positionne en tant que force de propositions, travaille dans ce domaine et prévoit de publier bientôt ses recommandations. Si celles-ci sont suivies par le pouvoir public, la consommation de combustibles ligneux pour la cuisson devrait faire partie des domaines appelés à connaître une évolution allant vers l’exploitation durable des ressources existantes et l’augmentation des couvertures forestières. La nouvelle loi sur l’éthanol comme combustible et décortiquée par le dernier numéro de la revue juridique du cabinet Madagascar conseil international (MCI) va déjà dans ce sens.

 

En attendant la mobilisation des instruments présentés par cette loi, il faut souligner que la hausse de l’utilisation du charbon de bois est inquiétante si elle continue. En effet, le charbon est généralement utilisé par les ménages urbains. Rien qu’à Antananarivo, plus de 73% des ménages y ont recours pour la cuisson, alors que la croissance démographique de la capitale dépasse celle de la moyenne nationale. Il faut d’ailleurs rappeler que l’urbanisation est un phénomène appelé à s’intensifier. La consommation de charbon de bois aussi. Sans une politique énergétique efficace, les ressources forestières y passeront. Notons que pour Antananarivo, les forêts des communes environnantes ne suivent plus la demande. La capitale s’approvisionne aussi avec du charbon de bois en provenance du Vakinankaratra et à moindre mesure d’Amoron’i Mania. C’est l’une des raisons pour lesquelles les prix de ce combustible demeurent à un niveau élevé, notamment pour les ménages pauvres. Ils commencent à 12 000 Ar le petit sac et dans certains quartiers, le prix va jusqu’à 20 000 Ar le sac. Par contre, l’utilisation du bois comme combustible a régressé de 7,8% selon l’enquête de suivi des OMD. Ce n’est pas parce que des ménages utilisant ce combustible ont trouvé meilleur, mais parce que certains d’entre eux se rabattent sur la paille, l’herbe ou autres matières végétales. C’est à cause de l’érosion de leur pouvoir d’achat.

 

Fanjanarivo

La Gazette

 

 

 

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