Circulation : gabegie et anarchie urbaine

Publié le par Alain GYRE

Circulation : gabegie et anarchie urbaine

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A l’approche des fêtes il est de coutume d’aller s’entasser en ville tout le mois de décembre. Curieuse migration pendulaire qui dure tout le mois de décembre et qui se traduit par des embouteillages sans fin. A quelle heure quitter son domicile ? 6h30 ? 6h ? 5h30 ? On ne sait plus mais il faut, en partant à 6h30, au moins 2h30 pour rejoindre le centre ville quand on habite dans le grand Tana.

A cela une seule raison peut être évoquée : GABEGIE !

 GABEGIE  des taxis Be qui, en toute impunité, doublent à droite, à gauche (à l’extrême gauche sur le trottoir opposé) avant de se rabattre tranquillement car il y a toujours un complice parmi d’autres taxi Be, ou un automobiliste encore plus crétin, pour laisser passer ces fouteurs de désordre.

 GABEGIE  des pouvoirs publics qui, sous prétexte de manque de budget, réclament à la communauté internationale toujours plus d’aides d’urgences quand la situation est intenable.

Il existe effectivement un pompeux organisme, du nom de l’IMV (Institut des Métiers de la Ville composé d’une quinzaine d’experts français et malgaches) financé par la région Ile de France (Paris).  Les études vont bon train sur les scenarii qu’il faudrait adopter pour une circulation plus fluide et c’est tout à son honneur. Mais à quoi bon quand personne ne respecte les aires de stationnement, que les trottoirs n’appartiennent plus aux piétons depuis longtemps, lesquels vont circuler sur la route au mépris des règles élémentaires de sécurité ? A quoi bon faire de grandes études d’aménagement quand on passe subitement à la vitesse de 2km/h qui correspond à la vitesse moyenne d’une charrette à zébu ou de pousseurs couverts de sueur et défigurés par l’effort de la charge ?

 En bref, la préhistoire au beau milieu de voies « rapides » !

 Gabegie encore quand il s’agit d’inaugurer de grandes routes qui débouchent en plein bidonville sous pression d’un soi disant notable qui refuse de céder un bout de terrain qui permettrait de faire sauter un bouchon historique (exemple du boulevard de l’Europe).

 GABEGIE  encore quand les services municipaux oublient de curer les canaux avant la saison des pluies, causant ainsi inondations et amplifiant les embouteillages. Cela fait bien mille ans, depuis que la Grande Ile est habitée environ, que l’on  connaît la date des premières pluies, mais rien n’y fait.

 GABEGIE  enfin des forces de l’ordre qui, au lieu de se poster aux endroits stratégiques (stade Maki, Andraharo, Itaosy, Ambatobe…) préfèrent les sorties de ville où les camionneurs mettent la main au portefeuille en échange d’une impunité sur la surcharge en marchandises ou en voyageurs : de 1000 à 100000 Ariary, voilà le tarif en fonction de la dangerosité du convoi, le prix de la vie des passagers, souvent !

 Des solutions bon marché, voire gratuites comme le simple respect du code de la route, l’obligation de stationnement des taxi-be dans les emplacements, ou encore l’aménagement de simples rond points en lieu et places des intersections anachroniques et dépassées (Ambohibao, Pochard pour ne citer que les plus graves) mais rien n’y fait et l’IMV continue à réfléchir à grand renfort de budget.

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