Climat: le service météorologique en détresse

Publié le par Alain GYRE

Climat : Le service météorologique en détresse

La prévision de la pluviométrie, de l'intensité du cyclone et sa trajectoire demeure difficile. Les moyens manquent pour prévenir les dangers.

La pré­vision météorologique reste à désirer. Et, selon les indiscrétions, la précision de la prévision météorologique à Madagascar ne dépasse pas les 70 %. « La capacité à faire la prévision fait encore défaut. Le matériel pour effectuer une prévision numérique manque cruellement au sein de la direction générale de la météorologie. Il est, ainsi, assez difficile de prévoir avec précision l'heure et le trajet d'un cyclone », a fait savoir Pascal Venzac, un responsable au sein de Météo
France, hier. C'était en marge de l'atelier de restitution de l'étude du Système d'information météorologique de la direction générale de la météorologie, dans le cadre du projet Track II, exécuté par la cellule de prévention et gestion des urgences à la Primature, dans le local de l'hôtel Ibis, Ankorondrano.

Long chemin

Cet expert de Météo France déplore le manque d'accès à l'information au sein de cette direction. « Le moyen de communication pour récupérer les données dans les autres régions manque également. Aussi, Madagascar doit dépendre des données globales pour prévoir le climat », ajoute Pascal Venzac.
Même le ministre des Travaux publics et de la
météorologie, le colonel Botomanovatsara, semble déçu des travaux de la météorologie. « Grâce à ce projet de rénovation de la direction générale de la météorologie, nous pouvons avoir la prévision météorologique dans l'ensemble de l'ex-province de Mahajanga en 20 minutes, au lieu d'attendre une semaine », a-t-il lancé.
Le chemin à parcourir demeure, cependant, long pour atteindre une précision de la prévision à plus de
90 %. « Il faut débourser en moyenne 10 millions d'euros pour rénover tout le système. Mais la priorité devrait être la modernisation du système d'information de la direction de la météorologie de Madagascar », suggère Pascal Venzac.
À l'entendre, cette modernisation permettra de mettre en place un système de vigilance sur un risque météorologique et d'améliorer des alertes aux phénomènes extrêmes.


Prévision saisonnière en attente

La prévision météorologique pour la prochaine saison estivale n'est pas encore disponible pour le public. Selon un haut responsable de la direction générale de la météorologie, qui ne souhaite pas dévoiler son nom, « c'est le Premier ministre et quelques membres du gouvernement qui devront avoir accès en priorité à ces données météorologiques avant qu’elles ne soient divulguées au grand public ». Mais Nimbol Raelinera, directeur général du service météorologique, avance une explication technique. « Nous devrions attendre que la Communauté de développement d'Afrique australe et les pays de l'océan Indien dévoilent leur prévision avant de faire connaître au public la nôtre. Cette prévision sera, ainsi, connue au début du mois d'octobre. C'est une règle universelle », esquive-t-il.

Vonjy Radasimalala

Mardi 18 septembre 2012

 

Publié dans Revue de presse

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