Commerce d’animaux sauvages : 57 % du revenu annuel des ménages concernés

Publié le par Alain GYRE

Commerce d’animaux sauvages : 57 % du revenu annuel des ménages concernés         

Jeudi, 16 Janvier 2014

 

Lémuriens, chauves-souris, hiboux, hérissons, etc. Les animaux sauvages qui passent dans les plats de certains ménages sont nombreux.

 

La liste ci-dessus en donne un aperçu et concerne de nombreuses régions. Particulièrement pour les ménages riverains des parcs de Makira et de Masoala dans le nord-est du pays, la valeur des produits de la chasse représente 57% du revenu monétaire annuel. C’est ce que l’on peut lire dans une étude de Christopher Golden, Matthew Bonds,

 

Justin Bradshares, Rodolph Rasolofoniaina et Claire Kremen, publiée dans Conservation biology. Notons que les produits de la chasse demandent peu d’efforts et reviennent nettement moins chers que les produits issus de l’élevage domestique. Les auteurs de l’étude soulignent que la consommation de la faune sauvage peut être considérée comme un service rendu par l’écosystème en raison de la capacité de la faune à se mettre à un niveau durable par rapport à la chasse. Certes, si la chasse se fait d’une manière intensive pour des objectifs purement commerciaux, les espèces concernées risquent d’être menacées de disparition, comme c’est le cas pour les tortues. Par contre, la chasse ne devrait toucher en aucune manière les espèces menacées de disparition.

 

Sinon, le prélèvement dans la nature comme la chasse améliore les apports nutritionnels des riverains. L’étude citée plus haut avance ainsi que les produits de la chasse apportent une contribution nutritionnelle majeure pour la population concernée, comme c’est le cas dans de nombreux pays en développement. Ils améliorent en même temps leurs moyens de subsistance grâce au revenu qu’elle en tire. D’après les calculs des auteurs de l’étude, le rendement économique de la chasse est de 0,42 US$/ha/an. Ce qui correspond à environ 840 Ar/ha/an. C’est un rendement relativement bas mais quand on a un revenu en-dessous de 2 500 Ar/jour et que 57% du revenu annuel ne nécessitent pas des investissements, on ne fait pas la fin bouche. Et il faut noter que 62% des ménages ruraux vivent dans la misère noire. Ils sont donc concernés par le revenu quotidien inférieur à 2 500 Ar. Dans la plupart des cas, les produits de la chasse ne sont pas écoulés sur des marchés formels et ils ne sont donc pas comptabilisés dans les services rendus par l’écosystème. L’étude citée plus haut essaie d’y remédier.

 

Elle permet d’identifier la distribution des services rendus par l’écosystème aux ménages et aux communautés locales, approfondir la compréhension de la dépendance de ces populations aux ressources locales. Ainsi, une hausse des prix des animaux sauvages en diminue la consommation. Une surveillance plus poussée pour juguler le braconnage peut ainsi amener les chasseurs à réviser leurs prix à la hausse. Dans ce cas, si la biodiversité sort gagnante d’une surveillance plus stricte, la situation nutritionnelle des riverains des aires de chasse s’en trouvera dégradée. Les auteurs de l’étude se penchent toutefois sur le coût de compensation de cette perte si cette population met en œuvre une politique de conservation de la biodiversité. Bref, l’étude peut aider les acteurs du secteur à mener des interventions ciblées pour ne pas léser la population vulnérable quand on procède à une surveillance plus stricte de la chasse.

 

Recueillis par Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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