Commerce équitable et solidaire: représente moins de 1% des artisans et des paysans

Publié le par Alain GYRE

Commerce équitable et solidaire: Représente moins de 1% des artisans et des paysans

     

 

Vendredi, 09 Novembre 2012

Aider les pays du Sud, les paysans. C'est l'objectif de l'existence du commerce équitable et solidaire (Ces). C'est ainsi que la Grande Ile a adopté ce concept afin de développer le pays sur tous les plans : social, commercial, culturel et environnemental. En fait, en 2005 le ministère du Commerce a signé le protocole d'accord avec l'Ong Reggio Terzo Mondo (Rtm) dans le but de soutenir le concept. " Vu l'importante et l'avantage dans la mise en place de la nouvelle forme de commerce, en plus de l'Association nationale du commerce équitable et solidaire de Madagascar (Ancesm), un comité interministériel d'appui au commerce équitable et solidaire de Madagascar (Ciacesm) est né en octobre 2010, maintenant composé d'une dizaine de ministères, afin d'appuyer ce concept et de le soutenir ", a précisé Joséphine Razanaseta, présidente du comité hier à la Gare Soarano.

Pour elle, " le Ces est important pour le pays. Non seulement il est bénéfique pour le paysan, en matière de prix c'est-à-dire sur le point de vue économique, mais elle participe vivement à la conservation des ressources naturelles et au développement du pays ". La présidente a précisé que la " Ces est basée sur 3 pliés : la relation entre les producteurs et les consommateurs, la transparence et le respect ". Plus précisément, le commerce équitable se situe à l'intersection de l'économie, du développement social et des droits humains, de la gestion des ressources locales et de l'environnement. Il implique la participation et le renforcement des compétences des producteurs et productrices et de leurs organisations.

Malgré l'avantage procuré par le concept de Ces, très peu des paysans et d'artisans appliquent cette nouvelle forme de commerce autrement dit s'intègrent dans ce réseau. Comme par exemple, le secteur artisanal ne contribue cependant qu'à hauteur de 15% du PIB national car les revenus générés sont faibles. De plus, les entreprises artisanales sont souvent de très petite taille (5 à 6 personnes), faiblement mécanisées et informelles. En milieu rural, c'est une activité saisonnière, pratiquée en complément de l'agriculture, contrairement au cas des artisans urbains où l'artisanat a tendance à devenir une activité unique.

Actuellement, le commerce équitable si on prend le cas de l'artisanat implique environ 3 500 artisans dans tout Madagascar dont 70% de femmes. Ce chiffre représente seulement 0,17% de l'ensemble des artisans. Selon la présidente du comité Joséphine Razanaseta, le baisse du taux d'intégration des paysans au Ces est due aux conditions demandées par le concept. En fait, il existe des règles et des conditions que les membres doivent honorer, comme le non-utilisation des produits chimiques, le respect du genre, le non-utilisation des mineurs, les prix décidés par les deux parties (producteurs et consommateurs), et aussi la mise en place de la transparence dans le processus de production. C'est ainsi que le nombre de paysans présents dans cette structure est faible car la plupart d'entre eux ne veulent pas se soumettre à ces conditions. Car plusieurs d'entre eux utilisent des produits chimiques et fixent leurs prix, qui sont souvent injustes et loin de la transparence.

R.V.

La Gazette

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