Commission de l’océan Indien: Madagascar n’a pas osé revendiquer les îles éparses

Publié le par Alain GYRE

Commission de l’océan Indien: Madagascar n’a pas osé revendiquer les îles éparses

Mercredi, 03 Septembre 2014

Si les Comores continuent de revendiquer l’ile de Mayotte jusqu’au dernier sommet de la Commission de l’océan Indien (COI) qui s’est déroulé récemment dans cet archipel, le président malagasy n’a pas osé formulé la moindre remarque sur les îles éparses. Il n’est pas inutile de rappeler que parmi ces îles, le fond marin de l’îlot de Juan de Nova renferme un immense potentiel pétrolier comparable à celui de la mer du Nord, celui-là même qui fait la richesse de la Norvège. Mais apparemment, les dirigeants malagasy entendent laisser cette richesse aux mains de la France qui s’est illégalement approprié ces îles depuis la colonisation et ne les a pas restituées à Madagascar après l’indépendance en 1960. Or au nom de la continuité territoriale, l’ONU a publié en 1979 une résolution enjoignant la France de le faire. Ce pays ne s’est pas exécuté. Seul le régime Ratsiraka a mollement revendiqué ces îles depuis 1960. Toutefois, Juan de Nova se trouve à 150 km de la côte ouest malagasy et il est tout à fait normal de le restituer sous la souveraineté de la Grande Ile.

 

Dans ce cas, on se demande pourquoi le président de la république n’a pas osé revendiquer à la France cet îlot et les autres îles éparses de l’océan Indien. Un pays comme les Comores ne s’embarrasse pas des différentes considérations qui entourent une telle revendication. Il faut noter, en effet, que négocier la restitution des îles éparses n’est pas une mince affaire. Les juristes en conviennent. Mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras puisqu’il faut commencer et si ce n’est pas pour les générations actuelles, ce sera pour les générations futures. Il faut seulement noter que les dirigeants successifs du pays n’ont aucune vision de l’avenir. La preuve en est l’absence criante de politiques économiques et de développement claires. C’est ainsi qu’on s’épuise à énumérer les potentiels du pays, des potentiels qui demeurent inexploités. Car le pays ne fait aucune démarche pour définir ses priorités économiques : veut-il devenir un pays de l’industrie extractive, un pays du tourisme, de l’agroalimentaire… ?

 

Les secteurs prioritaires sont définis dans chaque loi de finances mais les voies et moyens pour les développer ne correspondent pas à ces options. C’est ainsi que le budget public pour des secteurs comme le tourisme laisse beaucoup à désirer, alors que l’Etat considère ce secteur comme prioritaire. De plus, les secteurs prioritaires changent au gré des circonstances et parfois au gré d’intérêts particuliers de la classe dirigeante. C’est ainsi que l’agriculture et l’élevage ont été plutôt chouchoutés sous le régime Ravalomanana. On se rappelle la mise en place du ranch ou « valabe » dans l’Ihorombe, la série d’importations de vaches laitières Holstein et de chèvres ayant bénéficié en grande partie au groupe Tiko, la détaxation de 2003 qui a également profité à ce dernier…

 

Si on revient sur le sommet de la COI, le bilan pour Madagascar est mi-figue mi-raisin pour ne pas dire mitigé. Pour le pays, ce sommet s’est seulement soldé par la volonté de faire de Madagascar le grenier de l’océan Indien et par un accord de coopération militaire avec les Comores. Rien sur les îles éparses.

 

Fanjanarivo

La Gazette

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