Commune d’Ampasy Nahampoana: Développer avec la ristourne minière

Publié le par Alain GYRE

Commune d’Ampasy Nahampoana: Développer avec la ristourne minière       

Mardi, 24 Septembre 2013

 

3 000 poussins pour les éleveurs de poules pondeuses arriveront courant octobre dans cette petite commune située à 7 km de Fort-Dauphin et dont l’ilménite est exploitée par la compagnie Rio Tinto QMM.

 

Ces intrants sont aux frais de la commune. Une fois que les éleveurs pourront acheter eux-mêmes la provende, une association locale s’occupera de l’achat et de la vente de poussins. Pour l’heure, la commune approvisionne les éleveurs en poussins et en provende tout en finançant la mise en place des poulaillers. Cette prise en charge de 10 mois est assortie d’un apport bénéficiaire. Le prix de la moitié des œufs est déjà retenu à la commune pour financer l’achat de poussins. Le maire, Rondromalala Andriamahasoro précise : « Le soutien à l’élevage de poules pondeuses a commencé en 2012. Il intéresse beaucoup de paysans. Nous avons dû faire une sélection par tirage au sort car nous ne pouvons pas tout financer. 80 éleveurs bénéficient donc du soutien de la commune ». Après avoir répondu aux besoins de la population orientés sur les infrastructures sociales, la commune s’attaque depuis 2012 au développement économique. C’est grâce à la ristourne minière traduite en budget participatif appliqué dans cette commune depuis 2009.

 

Cette ristourne permet d’investir dans de nombreuses infrastructures et dans l’appui direct aux paysans. Ces travaux et ces appuis ne s’inscrivent pas dans le système habituel du « top down ». Cela signifie que les priorités et besoins sont exprimés directement par la population via les délégués des fokontany. Une fois transmis à la commune, ils font l’objet de priorisation selon l’effectif des fokontany demandeurs. Ainsi, les investissements répondent directement aux besoins locaux. Actuellement, la commune appuie plus de 600 riziculteurs contre 400 au début. Cet appui se matérialise par le financement du labour et de l’engrais pour un plafond de 200 000 Ar et sur une surface maximum de 20 ares par riziculteur. Si les pays riches subventionnent à tour de bras leur agriculture, les pays comme Madagascar sont souvent grondés par les bailleurs quand ils le font. Certes, les subventions peuvent poser différents problèmes mais elles ne peuvent être que bénéfiques pour des paysans dont le revenu quotidien n’atteint même pas 4 000 Ar. Or, le kilo d’engrais vaut au moins 3 000 Ar. Afin d’éviter l’assistanat, la commune forme les paysans sur la fabrication de compost pour arrêter plus tard la subvention de l’engrais. 

 

Elle soutient aussi des éleveurs de porcs. 60 truies ont été achetées et certaines ont déjà des porcelets. La commune finance tout jusqu’à la vente de ces premiers porcelets. Auparavant, Ampasy se cantonnait dans l’exploitation forestière et la pêche tout en cultivant un peu de riz et de manioc. La diversification est possible grâce à la ristourne minière car la subvention de l’Etat est seulement de 12 millions Ar/an. De 2009 à 2012, la commune a érigé des écoles et maintenant un lycée. Le maire explique : « La population voulait mettre d’abord l’accent sur l’éducation. La commune a donc envoyé 45 boursiers faire leurs études au lycée de Fort-Dauphin. Voilà pourquoi l’idée d’un lycée a fait jour et la commune a maintenant le sien. Les gens veulent pour leurs enfants des postes bien rémunérés ». Pour le moment, moins d’une quinzaine de jeunes d’Ampasy travaillent chez QMM faute de diplômes et de compétences.

 

Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article