Conservation de Prunus Africana: Les forêts Marovoay, Lakato et Antsahabiraoka ciblées

Publié le par Alain GYRE

Conservation de Prunus Africana: Les forêts Marovoay, Lakato et Antsahabiraoka ciblées

     

 

Mercredi, 10 Avril 2013

Plusieurs organismes étrangers s’intéressent de plus en plus à la conservation de la forêt dans la Grande Ile. Actuellement, les forêts de Marovoay, de Lakato et d’Antsahabiraoka font partie des priorités afin de conserver le Prunus Africana, un arbre médical africain surexploité.

En fait, Prunus africana est un arbre géographiquement très répandu des forêts de haute altitude du continent africain et des îles avoisinantes dont Madagascar. Seule espèce de Prunus de l'Afrique, c'est un grand arbre qui peut atteindre 40 m de hauteur et 1 m de diamètre. En raison des vertus curatives de l'extrait d'écorce de P. africana pour le traitement de l'hyperplasie prostatique bénigne, le commerce international de l'écorce se monte à quelque 220 millions de dollars dans le produit pharmaceutique final.

Pour satisfaire à la demande, environ 4 000 tonnes d'écorce sont actuellement récoltées chaque année avec la coupe des arbres dans des peuplements naturels, ce qui suscite des inquiétudes au sujet de la durabilité à longue échéance de la récolte et de la conservation de l'espèce. La base des ressources naturelles est très exploitée et fortement menacée au Cameroun et à Madagascar selon nos sources. Aussi, les règlements des deux pays sont très différents l'un de l'autre, toutefois, le programme malgache en particulier est considéré inadéquat sous l'angle de l'utilisation durable. Les activités de conservation à Madagascar auraient donc tout à gagner si les règlements adoptés en matière de récolte étaient plus conformes à ceux appliqués au Cameroun.

Toutefois, même au Cameroun, l'efficacité des règlements pour une récolte durable n'est pas bien comprise. Ainsi, les permis de récolte spécifient que l'écorce ne devrait être arrachée que sur des parties opposées des arbres sur pied, mais le taux de mortalité des arbres et le taux de récupération de l'écorce après ces pratiques continuent d’inquiéter. Par ailleurs, l'insuffisance des données d'inventaire sur la taille des populations vient réduire encore les possibilités de déterminer des niveaux de récolte durable.

La récolte de l'écorce procure aux récolteurs un revenu relativement modeste par rapport aux profits des sociétés qui commercialisent le produit. Néanmoins, la pauvreté des récolteurs et le manque d'autres sources de revenu signifient qu'ils feront de très gros efforts pour récolter l'écorce. Ainsi, à Madagascar, les villageois sont disposés à parcourir de longues distances (pendant plusieurs jours) dans la forêt pour récolter l'écorce de P. Africana . Seules les populations les plus reculées de l'espèce sont à l'abri d'une exploitation économique.

Les besoins de conservation sont donc très importants au Cameroun et à Madagascar, et moins urgents en Guinée équatoriale et au Kenya. En conséquence de cette surexploitation, le commerce des produits dérivés de P. africana est réglementé au titre de l'Annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). Prunus africana figure sur la liste de la Tree Conservation Database (Base de données sur la conservation des arbres) du Centre mondial de surveillance de la conservation. En outre, le Groupe FAO d'experts des ressources génétiques forestières mentionne P. africana parmi les 18 espèces ayant la priorité absolue pour l'action en Afrique.

R.V.

La Gazette

 

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