Consommation de viande : seulement de 5kg/habitant/an

Publié le par Alain GYRE

Consommation de viande : seulement de 5kg/habitant/an       

Samedi, 01 Juin 2013

 

La viande est un produit de luxe pour les Malagasy. La consommation de viande, toutes sources confondues, est seulement de 5 kg/habitant/an d’après les données du Réseau des observatoires ruraux (ROR) du Plan d’action pour le développement rural (PADR).

 

Hier lors de sa séance d’animation sur le thème « L’importance de l’élevage dans l’économie rurale » à Anosy, l’on apprend que les 20 g de protéines animales par personne par jour (soit 7,3 kg/an) devraient être fournis par une consommation annuelle de 33 kg de viande, ou de 45 kg de poisson ou de 60 kg d’œufs ou encore de 230 kg de lait. Avec les 5 kg/an, les Malagasy sont loin d’afficher cette moyenne nécessaire pour une alimentation indispensable à une bonne santé et une bonne productivité. Au niveau mondial, les données du World resources institute font état d’une moyenne de consommation de 40 kg/habitant/an, contre 80 kg pour les pays riches et 40 kg pour les pays en développement. Dans les pays à faible revenu, la moyenne est de 8,8 kg. Comme quoi, le niveau de consommation des Malagasy se situe en-dessous de celle du groupe de pays dont ils font partie.

 

Ce n’est pas étonnant si la moitié des enfants malagasy sont dans une mauvaise situation nutritionnelle. L’inflation des prix de la viande explique le faible niveau de consommation de produits carnés. Dans la capitale, le kilo de la viande de zébu varie entre 6 500 Ar et 7 000 Ar selon les quartiers. La viande de porc se vend à partir de 7 500 Ar et se situe souvent à 8 000 Ar/kg. C’est la même chose pour le poulet. Avec 80% des consommateurs qui touchent moins de 3 000 Ar/jour, la viande est un produit inaccessible. Mais la consommation n’est pas la seule à afficher une régression. Les données du ROR sont claires sur la contribution de l’élevage dans l’économie : elle est passée de 15% du PIB en 2000 à 4% du PIB en 2011. Malgré ce net recul, le PADR affirme que les chocs sur l’élevage dans les 6 observatoires (Antsirabe, Alaotra, Marovoay, Toliara, Fénérive-est, Menabe) ne sont pas alarmants. Seuls quelques ménages ont déclaré des cas d’épidémie et de chocs post-cycloniques. Sinon, les maladies les plus courantes qui affectent le cheptel sont la peste aviaire et la maladie de Teschen pour les porcs. Pour le cheptel bovin, les cas d’épidémie ne se répandent pas grâce aux vaccins et aux éventuels soins.

 

L’élevage devrait générer plus que 4% du PIB avec plus de 70% des ménages ruraux (97% pour Antsirabe) qui sont éleveurs. Mais cette activité est de type extensif. Les dépenses y sont moindres avec une moyenne de 10 000 Ar/an pour une grande partie des ménages. Rappelons que l’Etat s’est désengagé du secteur productif depuis la fin des années 90 et l’élevage n’a pas fait exception. Cette décision imposée par les bailleurs de fonds a eu des impacts désastreux dont le manque de vétérinaires. Une région d’élevage comme l’Ihorombe ne compte que 2 vétérinaires. Sinon, les données du PADR montrent que l’aviculture prédomine dans les 6 observatoires, aussi bien en nombre de têtes qu’en nombre de ménages éleveurs (84% à Antsirabe et 78% dans l’Alaotra).

 

Fanjanarivo

La Gazette

 

Publié dans Revue de presse

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