Consommation en riz: 630 000 tonnes à importer

Publié le par Alain GYRE

 

Consommation en riz: 630 000 tonnes à importer       

Vendredi, 28 Juin 2013

Ce chiffre fourni par la FAO représente les pertes de production rizicole occasionnées par l’actuelle invasion de criquets. Il correspond à environ 25% de la demande totale en riz du pays. Cela signifie que si Madagascar veut éviter de graves problèmes d’insécurité alimentaire et nutritionnelle, il devrait importer cette année 630 000 tonnes de riz. Depuis 2009 pourtant, l’année record pour l’importation de riz est celle de 2012 avec près de 204 000 tonnes d’après les données de la direction des douanes. Et il faut aussi souligner que l’importation évolue dans un environnement quelque peu chaotique. Le bimestriel « L’horizon » de l’Observatoire du riz pour avril-mai 2013 permet d’analyser cette situation. Sur cette période, le prix du riz importé au détail a connu une baisse de 4% sur le marché de la capitale en raison de l’abondance du riz blanc. Entre janvier et mai 2013 en effet, le pays a importé environ 127 390 tonnes, un niveau record par rapport à 2012 sur la même période (115 390 tonnes). Or, le prix de parité financière à l’importation a affiché une légère hausse et est devenu supérieur au prix du riz local à partir de mai.

L’Observatoire du riz avance : « Dans l’immédiat, la situation est devenue moins favorable à l’importation bien que les cours mondiaux du riz et les cours de change soient stables ». Cela signifie que les importateurs ne sont pas chauds pour faire venir de nouvelles cargaisons. Qu’en sera-t-elle ainsi de la prochaine soudure pendant laquelle le pays devrait disposer de 630 000 tonnes de riz ? En fait, des spécialistes de la filière avancent que le manque d’informations chiffrées et fiables ne permet pas de mieux organiser l’importation. Certes, une équipe de la FAO, du FIDA, du PAM et du ministère de l’Agriculture est actuellement sur terrain pour évaluer plus exactement le volume de la récolte et le manque à combler, mais d’après nos interlocuteurs, cette enquête arrive tard. Elle aurait dû être effectuée juste avant la moisson car depuis quelques mois déjà, la production commence à circuler sur le marché. De plus, il n’est pas aisé de chiffrer les stocks. Nos interlocuteurs rappellent que l’évaluation des stocks a toujours posé des problèmes. La plupart du temps, les acteurs de la filière ont souvent tendance à surévaluer les stocks et faussent ainsi les estimations.

 

Bref, le pays a un besoin urgent d’améliorer son système statistique rizicole pour inciter et organiser l’importation. Si ce critère est rempli, le pays devrait résorber au mieux les pertes causées par les criquets grâce à l’importation. A l’international en effet, le prix du riz est stable depuis octobre dernier et s’oriente à la baisse pour les mois à venir. D’après l’analyse de l’Observatoire du riz donc, ces conditions devraient être favorables à la couverture du déficit de production par des importations au cours du 2nd semestre 2013. La stabilité du dollar y contribue aussi. Reste à savoir si le pays va réussir à disposer de statistiques fiables et d’une stratégie d’importation claire pour profiter de ces conditions et éviter ainsi aux plus vulnérables de ne pas mourir de faim. Selon une mission d'évaluation de l'impact de l'invasion acridienne en cours conduite par la FAO, les pertes de riz et de maïs oscillent entre 40 et 70% dans certaines régions, voire 100% sur certaines parcelles.

 

Fanjanarivo

La Gazette

 

Publié dans Revue de presse

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