Consommation énergétique: vers la disparition rapide des forêts

Publié le par Alain GYRE

Consommation énergétique: Vers la disparition rapide des forêts

     

 

Jeudi, 20 Septembre 2012

La couverture forestière ne compte plus que 15% du territoire national avec une régression continuelle, alors que 95% des ménages utilisent le charbon de bois ou le bois de chauffe pour la cuisson. Autrement dit, le pays perdra sa couverture forestière dans moins de 10 ans selon l’estimation de scientifiques internationaux. Ce schéma catastrophique n’est pas très loin de la vérité si l’on se réfère à la consommation de bois de chauffe et de charbon de bois. En effet, le pays consomme environ 1,5 million de tonnes de charbon de bois par an d’après les données disponibles. Quant à la consommation annuelle de bois utilisé pour la cuisson, y compris le charbon de bois, elle est de 17,5 millions m3. Quand on observe tous ces chiffres, le scénario cité plus haut n’est pas totalement absurde. Il aura des conséquences désastreuses sur plusieurs secteurs dont l’agriculture qui fait encore vivre ou plutôt survivre 75% des Malagasy. Il y a aussi l’énergie hydroélectrique car le potentiel de 7 800 MW ne sera plus qu’un rêve. Ce potentiel est très peu exploité mais avec le tarissement des sources d’eau comme c’est déjà le cas à Antsiranana, l’énergie hydroélectrique est vouée à disparaître.

Notons toutefois que la part de l’hydroélectrique dans la production d’électricité est moindre par rapport au thermique qui fonctionne au gasoil et au fuel oil. La santé humaine aussi peut être victime de la sécheresse provoquée par une éventuelle disparition de la forêt… Bref, les secteurs qui seront affectés sont nombreux. Particulièrement pour l’énergie, la consommation annuelle de carburant dans le pays est de 790 000 m3 pour des importations d’environ 1 334 milliards Ar ou 600 millions de dollars. Madagascar importe tous ses besoins en carburant dont 16% reviennent à la Jirama pour le fonctionnement de ses centrales thermiques. Sinon, la part du carburant dans les importations est de 22%. En fait, le pays est entièrement dépendant de l’extérieur pour la consommation de produits pétroliers et y dépense des sommes faramineuses. Mais il ne développe aucune stratégie pour exploiter les ressources existantes dont l’hydroélectricité, le charbon vert issu des reboisements, la production de bio-charbon à partir de balles de riz...

Or, la technologie du bio-charbon est simple, artisanale et peu coûteuse. Elle est déjà adoptée par des pays comme le Sénégal et le Bénin. Il y a aussi l’incinération des ordures ménagères, laquelle permet d’obtenir de l’électricité. Selon l’estimation d’un scientifique, les 60 t d’ordures ménagères par jour de la commune urbaine d’Antananarivo peuvent donner 100 000 MW d’électricité que l’on pourrait introduire dans le réseau électrique de la ville. En fait, plusieurs solutions sont envisageables mais sans une politique ou du moins une stratégie énergétique, elles ne peuvent être appliquées. La volonté politique aussi est un facteur déterminant. Rappelons que l’éthanol pour la cuisson a été lancé depuis plusieurs années déjà. Malgré l’appui de la Banque mondiale, il ne se développe pas, faute de volonté politique. Pareil pour l’huile de jatropha, les énergies solaire et éolienne…

Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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