Consommation: le café local coûte cher

Publié le par Alain GYRE

CONSOMMATION : Le café local coûte cher

La vente locale du café est en ce moment plus rentable pour les producteurs qu’à l’exportation

Une grande partie de la production de café est mise en vente sur le marché local. Le prix y serait plus élevé qu'à l'exportation.

Les exportations sont moins intéressantes pour la filière café. Selon les explications données par un professionnel du secteur, Hobiarivelo Rakotomalala, entre le mois de novembre et décembre, le cours local pour la variété Arabica dans la région Itasy peut atteindre 4000 à 5000 ariary. Le cours mondial, par ailleurs, stagne aux environs de un dollar, soit aux environs de 2000 ariary. La consom­mation d'une grande partie de la production au niveau local explique cette situation. « Les prix du café à l'export sont définis au niveau des places boursières de Londres ou de New-York. Les producteurs ne sont pas enthousiastes par rapport à ces prix. Ils préfèrent donc commercialiser leurs produits sur le marché local », confirme un responsable auprès du CNCC (Comité National de Commercialisation du Café).

La qualité : un atout

Les demandes à l'extérieur sont pourtant existantes, mais les acheteurs revendiquent des produits de bonne qualité. « La production est très répartie sur le marché intérieur, il est difficile de regrouper. La commande n'a pas été honorée. Des clients chinois peuvent prendre une très grande quantité, mais notre production est limitée », soutient toujours Hobiari­velo Rakotomalala. Selon les données de l'Organisation international du café, le volume des exportations de Madagascar est passé de 93 000 sacs de 60 kilos entre octobre 2010 à juillet 2011, à 89 000 sacs entre octobre 2011 et juillet 2012.
Toutefois, les acteurs soutiennent la nécessité d'un appui pour ces derniers, entre autres pour les travaux d'entretien des caféiers. Dans le cadre de la mise en œuvre du pro­gramme Stabex qui a pris fin en décembre 2010, un café « labellisé » a été mis sur pied. L'initiative a été abandonnée par les producteurs. « La quantité de café labellisé était encore très faible. Il s'agissait d'un projet pilote. Les dépenses financières étaient plus importantes pour ce café, l'utilisation de petits équipements a aussi été nécessaire. Or, les exportateurs ne s'intéressent pas au produit si la quantité est inférieure à un conteneur », avance le CNCC.

Lantoniaina Razafindramiadana

Jeudi 27 septembre 2012

L’Express

Publié dans Revue de presse

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