Conte: Apporte-moi le coeur de ton père et le coeur de ta mère

Publié le par Alain GYRE

Apporte-moi

le cœur de ton père et le cœur de ta mère

 

Il y a avait une fois un brave gars, chasseur de son métier. Tout ce qu’on pouvait trouver comme gibier, il savait le chasser. Il était très habile et tous les jours il parcourait la campagne à l’affût d’une bonne prise.

C’est ainsi qu’un jour il arpenta les terres d’un riche fermier, l’œil aux aguets, et, dans un arbre, le plus bel arbre du domaine, bien touffu et bien branchu, il aperçut quelque chose. Sans bruit il s’approche et n’en put croire ses yeux…

Dans l’arbre, au plus haut de l’arbre, qu’est-ce qu’il vit ? Au plus haut de l’arbre, parmi les branches, une fille était assise, une jeune fille. C’était la plus belle fille qu’il eut jamais vue. Elle était belle, mais belle ! Belle à en chavirer le cœur… Il se mit à penser tout seul :

« Je suis parti à la chasse au sanglier et je me serais contenté de n’importe quel gibier, et même, si je n’avais rien trouvé, tant pis, j’aurais bien ramené du miel sauvage ! Mais rencontrer ce que je vois là, je n’y aurais jamais pensé… La plus belle fille que j’aie jamais vue ! Si claire de peau ! Si belle, qu’elle brille comme lingot d’or au sommet de cet arbre… Pas possible ! Je rêve ! Et pourtant mes yeux voient, et ils voient ce qu’ils n’ont jamais vu.

Fini la chasse aujourd’hui : pas besoin de sanglier, pas besoin de miel. Il y a mieux : ce miracle, là-haut dans l’arbre. Tâchons de voir ça d’un peu plus près…

Mais, là-haut, la belle ouvrit la bouche :

« O toi ! Toi qui cherches de bonnes pièces, à la chasse, toi qui parcours monts et vallées, ne reste pas là à ne rien faire… Poursuis ton chemin et tu trouveras ce que tu cherches aujourd’hui… va, cherche, dit la belle de l’arbre…

            -Oh ! dit le gars, c’est bien vrai que je cherchais de bonnes prises aujourd’hui… Mais c’est toi que j’ai trouvé !  Qui es-tu et que fais-tu là-haut ?

            -Eh ! dit  la belle, telle que tu me vois là, je suis demoiselle. Moi aussi je cherche quelque chose… je cherche un jeune homme qui m’aime assez pour se marier avec moi ; un jeune homme qui me donnera tout pour être heureuse…

            -Si c’est comme ça, dit le gars, tu peux sûre que tu es la femme la plus belle que j’ai jamais vue et depuis que je t’ai aperçue, ça brûle dans mon cœur, ça brûle d’amour pour toi. Qui d’autre pourrais-je aimer après  t’avoir vue ? je suis fou de toi… Tu vois, je ne suis plus un enfant et mon père qui vieillit voudrait me voir marié… »Cherche une fille, fils, et marie-toi, qu’il dit ; nous autres, tes père et mère, voilà que nous vieillissons. Nous aurions bien besoin d’une fille courageuse à la maison, une fille qui ferait ton bonheur… » J’ai cherché, moi, je n’ai pas trouvé. J’en ai pas trouvé une que je puisse aimer… J’en ai pas trouvé, sauf toi, aujourd’hui. Si tu veux venir avec moi… A moins que le Créateur ne t’envoie pour causer ma perte…

            -Sot que tu es, dit la fille, on ne m’as pas envoyée pour te perdre… Si tu m’aimes, je suis d’accord pour te suivre où tu iras et me marier avec toi, mais… Mais je vais te mettre à l’épreuve… pour voir si tu m’aimes pour de bon… Voilà ce que tu dois faire : tu m’apporteras ici le cœur de ton père… Le cœur de ta mère dans ta main gauche,  le cœur de ton père dans ta main droite… Apporte-les ici et, tu verras, je te suivrai et je serai ta femme… »

            En grande hâte, le voilà parti. Il s’en va chez ses père et mère.

            « A… ! Père ! dit-il poliment…

            -A… ! Mère…

            Me voilà devenu un homme à présent. Voilà un bout de temps que vous me pressez de chercher une femme pour me marier… Eh bien ! J’ai longtemps cherché. Je n’avais encore jamais trouvé une fille que je puisse aimer ! Mais aujourd’hui, oui, j’ai trouvé ! J’en ai trouvé une que j’aime à la folie ! Sûr que c’est la femme de mon cœur ! Venez avec moi selon la coutume, pour la demander en mariage.

            -Eh bien ! ça c’est une affaire ! dirent ses père et mère…Enfin, tu vas nous donner des gars et des filles et nous aurons des petits enfants… Nous ne vieillirons pas tous seuls ! s’il en est vraiment ainsi, nous allons aller avec toi chercher cette belle qui a su retourner ton cœur. » 

            Sitôt dit, sitôt fait, les voilà partis tous les trois. Mais le gars pensait à ce que la belle attendait… Elle ne le suivrait que s’il apportait le cœur de son père et le cœur de sa mère…Il dit à ses père et mère d’aller de l’avant, et que lui, il prendrait le raccourci et qu’il les rattraperait là-bas, à l’orée de la forêt… il avait sa maison au bout du village ; il courut… il prit son coupe-coupe… il l’aiguisa fin-fin-fin… comme un rasoir… Et le voilà tout courant par le raccourci vers l’orée de la forêt. Il avait son coupe-coupe à la main comme font tous les villageois qui vont en forêt. Le voilà arrivé avant ses père et mère…Il se tapit dans les fourrés. Le maudit ! Il était fou de sa belle ! Il tua son père. Il tua sa mère. Il leur ouvrit la poitrine, leur arracha le cœur, et vite, il courut jusqu’à l’arbre où se perchait la belle. Dans sa main droite, il mit le cœur de son père ; dans la gauche, le cœur de sa mère.

            « Descends vite de ton arbre, fille de mon cœur, dit-il, voilà la preuve de mon amour pour toi ! Tu as dit : apporte-moi, ici, dans ta main droite, le cœur de ton père, dans ta main gauche, le cœur de ta mère… Regarde ! c’est fait, je les ai apportés ! regarde ma main droite, ma main gauche… Descends vite ! J’ai fait ce que tu m’as demandé ! Je t’aime comme un fou ! descends ! Viens avec moi !

            -Eh ! dit la demoiselle du haut de son arbre, je vois… Je vois ce que tu as fait ! Tu ne seras jamais mon mari ! Je ne serai jamais ta femme ! Je n’irai pas avec toi ! Ta mère…celle qui t’a permis de voir le soleil et sa lumière… Tu l’as tuée !Ton père… celui qui a peiné et souffert pour que tu grandisses… Tu l’as tué ! Et moi, j’irais avec toi ? Nous serions mari et femme ? je serais avec toi dans la même maison… et le jour où tu serais colère, je t’entends d’ici : « Gare à mon coupe-coupe ! Gare à mon coupe-coupe ! ». Non, je ne descendrai pas de mon arbre. Je n’irai pas avec toi. »

            Le gars eut le souffle coupé. Il crut en mourir. Mais il revint ainsi à des sentiments plus humains : de désespoir, les larmes lui coulèrent des yeux. Pluie d’orage sur la terre desséchée de son cœur. Son père était mort ! Son père qui l’avait conduit à l’âge d’homme ! Sa mère, il l’avait tuée et la fille, là, le rejetait avec horreur. Il s’en alla désespéré, maudit. Il disparut au plus lointain du pays. On ne le revit jamais.

            Fini pour lui. Mais la nouvelle se répandit par tout le pays, rumeur insaisissable. Rumeur qu’une fille d’une beauté sans pareil, une beauté ensorcelante, se trouvait dans le plus grand arbre de la forêt. Un jeune gars s’en vint, le deuxième. C’était un jeune gars qui cherchait la femme de son cœur…

            « oh ! Toi, la demoiselle, si belle en ton arbre, qu’il cria… Tu sais, je t’aime ! Je t’aime à la folie ! On dit que tu veux le cœur du père qui m’a fait grandir, que tu veux le cœur de la mère qui m’a permis de voir le soleil, si je veux que tu sois ma femme… C’est vrai çà ?

            -Eh ! dit la belle, tu n’es pas sourd, vrai de vrai ! tu as bien entendu. Oui, si tu veux que je sois ta femme, le cœur de ton père, apporte-le ici, dans ta main droite ; le cœur de ta mère, apporte-le dans ta main gauche.

            -Qu’est-ce que tu dis ? dit le gars. Si je t’apporte le cœur de mon père et le cœur de ma mère, tu seras ma femme ? Tu viendras avec moi ?

-C’est juré, dit la belle, j’irai avec toi.

-Bon ! Attends-moi, je reviens tout de suite. »

            Il se dépêcha deretourner chez lui. Il travaillait chez un Indien du pays, et il gardait son troupeau de chèvres indiennes. D’après ce qu’on raconte, le gars, en douce, tua un bouc ; et puis un chèvre. Il prit les cœurs, le cœur du bouc et le cœur de la chèvre. On dit que les cœurs de ces chèvres indiennes, c’est tout pareil au cœur humain. Il courut tout d’une traite, jusqu’à l’arbre où se perchait la belle. Dans sa main droite il tenait le cœur du bouc, dans sa gauche le cœur de la chèvre…

            « Tu vois, qu’il dit, voilà que je t’apporte le cœur de mon père et le cœur de ma mère. Tu dois tenir ta promesse et devenir ma femme. Dans ma main droite, c’est le cœur de mon père, dans ma gauche celui de ma mère… Descends donc vite, nous partons chez nous…

            -Oh ! On ! dit la belle, là-haut, dans son arbre. Toi, tu es un travailleur, tu es là-bas, chez ton patron, chez l’Indien. Tu as osé tuer ce que tu devais garder…et en plus, tu es un menteur ! Si tu as menti aujourd’hui, tu mentiras demain… Tu as été infidèle, tu le seras encore…Et j’irais avec toi ? Tu feras pareil qu’aujourd’hui ! Tu me mentiras…Tu me tromperas…Tu me tueras peut-être…Non ! Je n’irai pas avec toi ! Non ! Va-t-en ! »

            Le gars s’enn fut. Malheureux, désolé, désespéré. Pour comble, arrivé chez son patron, il se vit arrêté, enchaîné, jeté en prison…

            L’histoire, bien sûr, fit le tour du pays. Mais les jeunes gars à marier n’en révèrent pas moins à la jeune beauté fatale dans son arbre. L’un d’eux, le troisième, tenta sa chance : peut-être saurait-il gagner le cœur le cœur  de cette fille qui posait des conditions pareilles ! Qu’est-ce que cette histoire pouvait bien vouloir dire ? Il alla près de l’arbre : la belle était toujours là, plus resplendissante que jamais :

« Toi, là-haut, tu es la plus belle des belles, dit-il… Tu peux me croire, je t’aime comme personne ne t’a jamais aimée… je ne suis pas comme les autres qui ont voulu te tromper ou qui auraient pu te tuer… Non, je t’aime pour de bon. Tu vois, je suis venu malgré toutes ces histoires. Je veux te le dire, tu es ma bien-aimée ! Je sais tout ce qu’on raconte, mais je t’aime. Viens avec moi, tu seras ma femme. Descends de ton arbre !

-Hé ! dit la belle, tout ce que tu dis, c’est bien vrai… Je veux bien être ta femme, mais ton amour, je vais le mettre à l’épreuve. Si tu m’aimes, apporte-moi ici le cœur de ton père et le cœur de ta mère…Si tu le fais, alors, oui, je serai sûre de ton amour et j’irai avec toi, je serai ta femme… »

Le gars partit et, tout en allant, il réfléchissait à ce que cette fille-là voulait…

« Sûr et certain que je ne tuerai ni père ni mère, se disait-il… Je ne ferai jamais ça, moi… Peut-être que j’ai une idée… Si je demande à mes mère et mère de venir jusqu’à cette fille de mon cœur , je suis sûr qu’ils voudront bien… Arrivé chez lui, il ne perdit pas de temps :

-A… ! Mère ! dit-il poliment… A… ! Père ! Vous m’avez dit de chercher une épouse… Une femme que j’aime bien… Eh bien ! j’ai trouvé ! J’ai vu là-bas, dans la forêt, une fille formidable… Une fille que j’aime comme un fou. Je ne l’aurai jamais tout seul. Venez avec moi, vous saurez bien la décider. Vous n’avez qu’un seul cœur, car vous vous aimez bien et c’est pourquoi j’ai pu venir au monde. Je suis sûr que votre amour est capable de décider cette demoiselle… Vos deux cœurs et vos deux pensées ne devront faire qu’un, quand nous serons là-bas…

-Oh ! dirent père et mère, si c’est ça qui peut te rendre heureux, c’est pas difficile, nous irons avec toi, et tout de suite…

Ils prirent six pièces d’argent qu’il avait là, dans la maison, et ils partirent tous les trois.ils arrivèrent au pied de l’arbre : la belle était toujours là, tout en haut de l’arbre.

« Descends donc de ton arbre eh ! dit le gars. Regarde ! Voici à ma droite le cœur de mon père ; à ma gauche, le cœur de ma mère…

-Oui, dit le père du gars, descends vite, tu seras notre enfant. Descends, notre fils t’aime et avec lui, nous sommes venus te chercher… Regarde ! Il t’apporte ce que tu lui as demandé : le cœur de son père et le cœur de sa mère. Ils sont là pour toi., ils sont là tous les deux pour t’aimer. Tu seras la femme de notre enfant et toi aussi, tu seras notre enfant…Descends vite, nous avons besoin de toi chez nous. »

La fille, là-haut, répondit par une question :

« je vois ! Les cœurs que j’ai demandés, ils sont là… Est-ce qu’ils sont bien unis, ces deux cœurs ? Pour m’aimer comme vous aimez votre enfant ? Vous n’avez pas peur de moi ?

-E, é ! Pas le moins du monde ! C’est d’un cœur sans partage que nous te demandons de venir avec nous. Descends, et viens avec nous, petite.

-Bon, puisque c’est comme ça, je vais descendre, dit la belle. C’est un jour de joie pour moi, aujourd’hui. Le cœur de son père et le cœur de sa mère, ils sont là. Je serai la femme de leur fils et ils sont venus tous les deux pour que je sois leur fille…Bon ! je crois que je peux y aller… Mais, leur cria-t-elle, il y a encore une chose, je n’ai rien sur mon arbre : pas de dot, pas de bagages, rien à me mettre !

-Tu n’as pas de bagages, tu n’as pas de trousseau ? Tu n’as pas de trousseau ? Tu n’as rien à te mettre ?

-Non rien du tout…

-Bon ! Emporte des feuilles de l’arbre où tu es née. Tu n’auras jamais plus belle parure que ces feuilles. Emportes-en tant que tu peux : ce seront tes bagages, et tu ne viendra pas chez nous comme une pauvresse. »

La belle prit des feuilles tant qu’elle put en emporter et elle descendit de son arbre ; ce fut son bagage de noces, son trousseau. Ce fut son mari, tout heureux d’amour, qui porta le gros paquet. Ils emmenèrent la jolie, ils l’emmenèrent au village. Et elle devint la femme de ce gars qui avait su s’y prendre pour gagner son cœur…

Le conte pourrait se terminer là, mais il y a une suite très difficile à traduire en français, car l’astuce de la fin se fait sur un, jeu de mots… malgaches. La traduction ne donne rien. Cette suite est cependant nécessaire bien qu’elle puisse nous sembler affaiblir la fin. C’est une morale réaliste : le Malgache a les pieds sur terre et si le romantisme st beau, il n’est pas toujours vrai ni surtout longtemps vrai : on a beau se languir d’amour à en devenir fou, la réalité journalière saura remettre les choses en place et ce sera sans doute un amour plus vrai qui prendra la suite.

L’arbre où était née notre demoiselle s’appelait Nanto et, bien sûr, ce furent des feuilles de nanto qui lui servirent de trousseau…

Quand on allait vers le village, on passait près d’un buisson de saules en bordure d’un trou d’eau profonde. C’était un trou que fréquentaient les crabes de terre qui sont si bons avec du riz. Le gars alla voir si par hasard il n’y avait pas de crabes à attraper. Ce jour était un bon jour pour lui : il réussit à en attraper autant qu’il en voulut. Voilà qui relèverait le repas de noce ! Repas de noce…non, peut-être pas. Mais enfin, la demoiselle, si elle était belle à la folie, n’avait aucune famille. On ne risquait pas de paraître pingre si le repas était modeste.

Les crabes , ça se dit en malgache foza , serviraient de repas de fête. De plus, puisque la petite n’avait pas de trousseau – si ce n’étaient ses feuilles – on n’avait pas besoin de faire le « rachat du trousseau » (ça, c’est une cérémonie que fait le nouveau marié à, la famille de sa femme : c’est l’offrande d’un bœuf, ou de grosses volailles bien grasses, en remerciement du trousseau qu’elle apporte).

Eh bien ! là, on se contenta des crabes qui firent un bon repas quand même avec le riz.

Les noces terminées, le ménage prit l’allure d’un ménage comme on en rencontre souvent : un bon ménage, ma foi.

Longtemps après, voilà  que la fille de l’arbre déplut à la mère de son mari… Elle fût en colère, la vieille, et vieille en colère devient méchante langue.

« Voilà que tu fais la patronne à la maison, maintenant, toi ! Et pourtant qu’est-ce que tu as apporté ici quand tu t’es mariée avec mon fils ? Hein ? Qu’est-ce que tu as apporté ? Des feuilles de nanto ! Rien que des feuilles de nanto ! Voilà ton trousseau d’alors ! Tu n’es que ça, « Feuilles de Nanto ». RAVINANTO, voilà ton nom ! Madame feuille d’arbre (il faut vous dire que dans notre langue feuille se dit ravina et feuilles de nanto, ravinanto).

-Et toi, dit la fille, qui n’avait pas sa langue dans sa poche non plus, et toi ! Toi, quand je me suis mariée avec ton fils, tu m’as traitée en passagère d’un jour ! Tu n’as tué ni, bœuf, ni dinde, ni oie bien grasse, pas même un poulet, pour mes noces… Rien que des crabes que tu m’as donnés ! Rien que des foza ! Eh bien ! toi ! tu n’es que Rafoza, RAFOZANA : Madame crabe… »

Et maintenant, c’est toujours comme ça : les gens d’aujourd’hui n’ont vraiment pas grand-chose non plus pour vivre, juste des feuilles, et juste des crabes, les bons jours, pour manger avec le riz. Et c’est pourquoi on appelle encore maintenant les belles-mères Rafozana parce qu’on se souvient de la vieille  qui navait fait le rachat du trousseau avec des crabes. Et les belles-filles,  on les appelle Raninanto en souvenir de cette fille qui n’avait que des feuilles de nanto  comme trousseau.

C’est comme ça dans notre langue : Rafozana signifie belle-mère, et Vinanto signifie belle-fille. Voilà toute l’histoire.

Si c’est une histoire vraie, elle vient des gens d’autrefois.

Si c’est une menterie, ce n’est pas moi le menteur.

C’est une histoire qu’on a conservée, une histoire de gens d’autrefois.

Ils l’ont racontée à leurs enfants jusqu’à moi qui l’ai entendue raconter, et je vous lav raconte à mon tour.

 

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