Contre les trafics illicites : Promouvoir les essences de bois méconnues

Publié le par Alain GYRE

Contre les trafics illicites : Promouvoir les essences de bois méconnues  

Mercredi, 05 Février 2014

 

Pour limiter les pressions sur les essences précieuses, l’ONG internationale pour la conservation, Missouri botanical garden (MBG) recommande de favoriser la promotion des essences méconnues.

 

Celles-ci devraient répondre aux mêmes besoins que pour les bois précieux. A ce sujet, 187 essences différentes sont décrites dans l’ouvrage intitulé « Atlas des bois de Madagascar » écrit pas G. Rakotovao, R. Rabevohitra et leur équipe en 2012. Il faut souligner que la forêt de Madagascar regorge d’essences forestières pour le bois d’œuvre. Si on prend l’exemple du « varongy » (ocotea spp.), il est très prisé dans la menuiserie. Ce bois clair, résistant et qui n’a pas l’inconvénient de la pesanteur des bois précieux, est très utilisé dans la fabrication de portes et fenêtres. MBG avance qu’environ 3/4 de ces ouvrages sont en « varongy ». Quant au bois « arofy » (commiphora guillauminii), il représente environ 2/3 du volume exploitable en bois d’œuvre dans les massifs forestiers de l’Ouest, principalement dans le Menabe. Puis, il est de plus en plus apprécié dans les îles de l’océan Indien.

 

D’autres essences malagasy comme les « vintanina » (calophyllum parviflorum), le « nanto » (mimusops spp.), le « kijy » (symphonia spp.), le « vory » (broussonetia greveana), le « fahavalonkazo » ou « tsihanihimposa » (zanthoxylum spp.) sont très connues et appréciées depuis plusieurs dizaines d’années. Elles sont très recherchées pour des utilisations assez spécifiques ou de par leurs caractéristiques faciles à travailler. Outre les bois précieux comme le bois de rose, il faut souligner l’importance de certains bois d’œuvre utilisés dans la menuiserie haut de gamme. Citons le « katrafay » (cedrelopsis spp.) et l’« anakaraka » (cordyla madagascariensis). Ces essences fournissent du bois de bonne qualité. Quant aux essences exotiques introduites à croissance rapide comme l’eucalyptus et le pin situés notamment sur les hauts plateaux, elles sont couramment utilisées dans la menuiserie depuis longtemps déjà. Sinon, une trentaine d’autres essences appelées « bois ordinaires » sont commercialisées en proportion et fréquence variables. Parmi ces essences, les « bois rouges » ont une durabilité par rapport aux « bois blancs ».

 

En ce qui concerne les bois d’œuvre pour l’exportation, les bois précieux comme les bois d’ébène ou « hazomainty » (diospyros spp.) et les bois de rose ou « volombodipona » et « andramena » (dalbergia louvelii, dalbergia maritima et dalbergia normandii), sont les plus recherchés. Ces bois sont exploités sous forme de rondins, parfois de faible dimension, et vendus au poids pour la marqueterie, la sculpture, la fabrication d’instruments de musique, d’objets d’art, de meubles, etc. Les espèces de dalbergia se trouvent surtout dans la partie occidentale, sur les hauts plateaux, la partie orientale et au Nord, tandis que les espèces d’ébènes se trouvent presque partout à Madagascar. Actuellement ils deviennent très rares, même dans les aires protégées, et sont en situation critique. C’est ainsi qu’en 2013, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) en collaboration avec MBG, les ont ajoutés à leur liste de l’annexe II pour interdire leur exportation.

 

Recueillis par Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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