Corruption : Le secteur public pointé du doigt

Publié le par Alain GYRE

Corruption : Le secteur public pointé du doigt

(09-07-2013)

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Une enquête menée par Transparency International sur la corruption révèle que, dans le monde, une personne sur 4 a dû s’acquitter d’un pot-de-vin au cours des 12 derniers mois. A Madagascar, la confiance des citoyens au secteur public est en nette régression.

 

Une enquête menée par Transparency International à Madagascar, à travers les 6 provinces entre août et septembre 2012 reflète le peu de confiance des citoyens envers les institutions, et cela se traduit par le fort taux de corruption en tout genre. Ainsi, 58 % des personnes enquêtées affirment que le niveau de corruption a augmenté durant les deux dernières années. Un chiffre qui s’explique certainement par le pouvoir d’achat qui s’effrite petit à petit à cause de la crise politique depuis 2009, mais aussi parce que le désordre règne dans toutes les instances et à tous les niveaux. 37 % des enquêtés ont affirmé que ce niveau a vraiment augmenté. 57 % disent que la corruption est un sérieux problème dans le secteur public. A ce titre, le secteur judiciaire, la Police ainsi que les autorités publiques et les fonctionnaires sont les trois secteurs les plus corrompus.

 

Pot-de-vin

Il devient désormais normal aux yeux de tous de verser un petit pot-de-vin lorsqu’il y a un document administratif à percevoir, et cela dans n’importe quel domaine. Ceux qui le demandent ne le font pas directement, mais le peu d’enthousiasme à l’accueil, la complication des explications pour obtenir un document administratif et tout un système corrompu affirment ces avances. Ainsi, 57 % des enquêtés estiment qu’il est important d’avoir des contacts personnels dans le secteur public pour que le service demandé soit effectué. On veut rester objectif à ce sujet, mais selon l’enquête réalisée, 28 % des enquêtés qui ont eu un contact avec l’un des huit services publics proposés ont dû payer un pot-de-vin, cela affectant surtout les moins éduqués. 54 % ont dû payer pour accélérer le processus, 20 % pensent que c’est l’unique moyen d’obtenir satisfaction. D’ailleurs, 32 % affirment qu’on leur a demandé de payer un pot-de-vin et 44 % parmi eux ont réellement payé.

 

Lutte contre la corruption

L’attitude des citoyens envers la corruption n’est pourtant pas sans appel. Beaucoup pensent que l’on peut encore redresser la pente. Selon l’enquête, 71 % des Malgaches estiment que chacun peut apporter un changement dans la lutte contre la corruption, 49 % ont même appuyé qu’ils sont prêts à participer à cette lutte. 69 % sont prêts à dénoncer un cas de corruption, même si 31 % ne veulent pas en faire autant, estimant que cela n’aboutira à rien. Si 51 % des enquêtés pensent que le pays est dirigé par de gros intérêts, cela implique que les responsables et toutes les personnes dans ces secteurs montrés du doigt, devraient faire un effort pour réduire la corruption au sein de leur institution. Selon la présidente de Transparency International, Huguette Labelle, « à l’échelle mondiale, le regard que portent les citoyens sur l’action de leurs dirigeants pour lutter contre la corruption est plus sévère ».

 

Anjara Rasoanaivo

Midi Madagasikara

Publié dans Revue de presse

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