Crise alimentaire: 13 millions de malgaches sur le qui vive

Publié le par Alain GYRE

Crise alimentaire: 13 millions de malgaches sur le qui vive

(27-06-2013)

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D'après la FAO, une invasion généralisée de criquets fait peser une grave menace de crise alimentaire à Madagascar. Plus de la moitié des terres cultivées et des pâturages infestés

 

Le cas de Madagascar avec une invasion massive et non maîtrisée de criquets a été débattu à Rome au siège de la FAO, mercredi. Une situation qui pourrait mettre sérieusement en péril sa sécurité alimentaire, selon la FAO qui lance encore un appel à financement.

 "Une campagne de lutte de grande envergure nécessite la mobilisation d'urgence d'un minimum de 22 millions de dollars pour pouvoir démarrer à temps au moment des prochains semis de septembre. Or, à ce jour, les fonds alloués en réponse aux appels de la FAO sont nettement insuffisants", selon l'organisation mondiale.

 

La FAO estime que, d'ici septembre, les deux tiers du pays seront infestés par les acridiens.

 "les pertes de riz et de maïs oscillent entre 40 et 70 pour cent dans certaines régions du pays, voire 100 pour cent sur certaines parcelles"

 

Les impacts sont ainsi graves. "La sécurité alimentaire et les moyens d'existence de quelque 13 millions d'habitants sont concernés. Cela représente près de 60% de la population totale de l'île, dont 9 millions sont directement tributaires de l'agriculture pour se nourrir et vivre", selon toujours l'organisation.

 

Les appels de fonds lancés depuis août 2012 par l'organisation sont pour le moment infructueux.

 " Si nous n'agissons pas immédiatement, le fléau pourrait durer des années et coûter des centaines de millions de dollars. Cela pourrait donc bien être notre dernière fenêtre d'opportunité pour conjurer une crise prolongée", a déclaré le Directeur général de la FAO José Graziano da Silva.

 

Une campagne de lutte engagée à temps contre la recrudescence acridienne à Madagascar en 2011/2012 aurait coûté 14,5 millions de dollars. Cependant, la FAO n'a reçu que la moitié des fonds nécessaires, aussi a-t-elle dû lancer une autre campagne, laquelle a pu compter sur à peine un quart des financements requis en 2011/12.

 

Afin d'être en mesure de déployer dès septembre tous les équipements et le personnel nécessaires à une campagne antiacridienne de grande ampleur, les fonds doivent être alloués d'ici juillet. Le programme de la FAO a besoin d'être entièrement financé pour pouvoir suivre la situation dans toute la zone contaminée et mettre en œuvre des opérations de lutte aérienne bien ciblées. Dans le cas contraire, les populations acridiennes non détectées ou non maîtrisées continueront à se reproduire et à former davantage d'essaims. L'invasion durerait ainsi plusieurs années, rendant les opérations de lutte plus longues et plus onéreuses et compromettant gravement la sécurité alimentaire, la nutrition et les moyens de subsistance.

 

Une mission commune d'évaluation des récoltes et de la sécurité alimentaire détachée par la FAO, le FIDA et le PAM en étroite coopération avec le gouvernement malgache, est actuellement sur le terrain pour évaluer les dégâts causés par l'invasion à la sécurité alimentaire et aux moyens de subsistance. Une analyse plus détaillée sera disponible en juillet mais les ressources pour préparer les interventions sur le terrain doivent être disponibles dès à présent.

 

Selon les estimations, les pertes de production rizicole pourraient s'élever à 630.000 tonnes, soit environ 25% de la demande totale de riz du pays, ce qui aurait de graves répercussions sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle et sur les moyens d'existence des catégories les plus vulnérables. Le riz est le principal aliment de base à Madagascar, où 80 pour cent de la population vit avec moins d'un dollar par jour. Une superficie d'1,5 million d'hectares devra être traitée par épandage aérien durant la campagne 2013/2014.

 

Solofo Andrianjakarivelo

Publié dans Revue de presse

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