Croyance: Faut-il avoir peur du vendredi 13 ?

Publié le par Alain GYRE

Croyance: Faut-il avoir peur du vendredi 13 ?

Vendredi, 13 Décembre

 

L’année 2013 – qui brûle ses derniers quartiers – aura comporté 2 vendredi 13 : le 13 Septembre et le 13 Décembre.

 

Nombreux sont ceux qui redoutent le vendredi 13, lui attribuant – à tort ou à raison – des influences maléfiques. C’est ainsi que le numéro 13 n’est pas attribué dans certaines compétitions automobiles, ou dans le numérotage des chambres de certains établissements hôteliers. Mais il y a en revanche ceux qui pensent que le 13 est au contraire bénéfique surtout dans les jeux de hasard ou les paris. C’est ainsi que des tirages « Spécial vendredi 13 » sont quelquefois organisés pour des tombolas ou autres courses de chevaux. A travers des investigations menées ici et là, essayons de voir un peu plus clair dans la symbolique du chiffre 13, et de pénétrer aussi le sens ésotérique de certains nombres.

 

Le treizième invité

 

La cène, le dernier repas réunissant douze apôtres autour du Christ qui allait être crucifié le lendemain Vendredi, trahi par l’un de ses disciples, fut à l’origine de la crainte superstitieuse attachée au chiffre 13, en la complétant par celle du Vendredi. Mais la crainte du 13 remonte bien avant l’ère chrétienne. Dans la mythologie norvégienne par exemple, le Dieu du mal se présente comme treizième convive à un banquet et tue d’une flèche Baldes, le dieu de la Paix. Par ailleurs, le 13 étant le nombre sacré des anciens Mexicains et des peuplades du Yucatan, parce qu’il y avait treize dieux serpents. Enfin, c’est le 13 octobre, mois placé sous l’invocation du dieu Mars (dieu de la guerre) qu’à Rome, on immolait en grande pompe un cheval noir, nommé Octobre, et qu’on consacrait des prières aux mânes des ancêtres. Victor Hugo attachait beaucoup d’importance au nombre 13 qui jouera un grand rôle dans sa vie. Relevons seulement que le 13 Mars 1971, l’auteur des Misérables apprenait la mort de son deuxième fils Charles. Deux ans plus tard, en 1873, le 26 (13x2) Décembre, un vendredi, mourait son autre fils François Victor. Désormais, il allait être hanté par le chiffre 13.

 

Palais de Manjakamiadana et nombre impair

 

La « science » des nombres est l’une des plus vieilles qui soient. Pour les Anciens (antiquité grecque et romaine) le 1 était le nombre du soleil et aussi celui du Père, le nombre divin par excellence. Le 2 maléfique attribué à la lune, était le symbole de la lutte éternelle entre deux principes contraires : le Bien et le Mal, l’ombre et la lumière. Mais c’est le chiffre 7 qui est le plus complet des nombres : 7 vertus, 7 sacrements, 7 notes de la gamme, 7 péchés capitaux, 7 couleurs d’arc, 7 merveilles du monde, 7 collines de Rome etc. A Madagascar, le sens ésotérique des nombres a tout temps inspiré les faits et gestes de tout un chacun dans la vie quotidienne et surtout quand on sacrifie à certains rites. Comme la restauration du Palais de Manjakamiadana est d’actualité (Palais ou Lapan’i Manjakamiadana et non Rova de Manjakamiadana comme de nombreuses personnes s’obstinent, bien à tort, à le dire) des observateurs attentifs ont noté que l’architecture de Manjakamiadana est marquée par le nombre impair (ou « marika tsy an-kasa » en malgache).

 

1- Le Palais comporte 3 niveaux : le rez-de-chaussée, le premier étage et le deuxième étage ;

 

2- La façade principale du Palais, pour chacun de ces niveaux, comporte 5 arcades ;

 

3- Les façades latérales comportent chacune 7 arcades.

 

Autant de nombres impairs – non divisibles par deux pour symboliser que le Royaume doit être dévolu à un seul souverain. Pour la construction du temple du Palais, l’architecte William Pool aurait pris le contrepied de cette symbolique, jugée quelque peu teintée de paganisme ….

 

Le mot de la fin ? Il faut craindre d’être 13 à table quand le déjeuner ou le dîner est prévu pour 2 personnes seulement : un couple d’amoureux par exemple qui compte manger en tête à tête. Dans ce cas, 13 convives à table, risquent de porter « malheur » à leur intimité. Mais pour ma part, j’aime surtout me fier à Tristan Bernard qui a dit « il ne faut pas être superstitieux car ça porte malheur ! ». Je touche du bois.

 

Julien Rakotonaivo

La Gazette

La Gazette

Publié dans Revue de presse

Commenter cet article