Culture malgache : Que nous reste-il encore ?

Publié le par Alain GYRE

Culture malgache : Que nous reste-il encore ?       

Mardi, 11 Mars 2014

Quand on voit un groupe de jeunes dans les rues de la capitale, la réaction reste confuse.

 

On ne sait plus si on doit en être fier ou, au contraire, on devrait s’en plaindre. Fier parce qu’on ne peut pas faire plus moderne que ces jeunes. Habillés avec les derniers cris de la mode occidentale, utilisant des langages moderne, ils ne jurent plus que par des « lol » et des « mdr ». En vérité, si ces jeunes sont devenus ainsi, c’est parce que leurs aînés ont oublié de leur transmettre les valeurs culturelles qui permettent d’identifier les Malgaches.

 

L’éducation que les parents inculquent à leurs enfants ne comporte pas les aspects de la culture et de la langue malgache. Pire encore, actuellement on constate un véritable engouement de nos concitoyens en faveur des établissements scolaires français ou anglais. Ces écoles où il est strictement interdit de parler en malgache. Dès leurs plus jeunes âges, on apprend à nos enfants à renier leurs origines. La langue malgache perd peu à peu son statut de langue mère et est relégué au second plan comme l’allemand ou le japonais qu’on apprend à l’école.

 

Les jeunes malgaches capables de s’exprimer convenablement en malgache sans faire d’amalgame avec le français sont de plus en plus rares. Paradoxallement, le fait de ne plus savoir s’exprimer en malgache semble être une fierté chez nos pairs. « Une personne qui ne sait pas s’exprimer entièrement en malgache ne doit pas en être fier, car ce n’est pas la langue qu’elle ne maitrise pas mais plutôt l’idée qu’elle essaie d’exprimer qui est floue ». Afin d’étoffer sa théorie, le Professeur Raymond Ranjeva continue : « En tant que malgache, nous construisons nos idées dans une logique malgache, la langue ne sert qu’à véhiculer cette idée ». Exactement comme notre environnement et notre écosystème, la langue et la culture malgaches sont en danger. Mais cette fois-ci, nous ne pouvons pas compter sur les organismes internationaux pour nous prêter main forte à la protection de nos valeurs et nos idéaux culturaux.

 

Car à tort où à raison on se détache peu à peu de ces coutumes qui ont fait la renommée de nos sociétés. Le « famadihana », après l’arrivée de religions occidentales, est devenu « fady » (tabou) pour de nombreux foyers malgaches. Les « fanambadiana nentimpaharazana » (mariage traditionnel) sont remplacés par des cérémonies modernes en robe blanche. Et le « famoran-jaza » (circoncision) avec ses rites légendaires a tôt fait d’être troqué contre une churirgie expresse de circonsicion à l’américaine. Il est vrai que le développement est bénéfique mais, l’essentiel c’est de bien balancer les choses et faire en sorte de garder les meilleurs de sa culture tout en s’enrichissant de celle des autres.

 

Y.L

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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