Culture sur brûlis: un fléau national

Publié le par Alain GYRE

Culture sur brûlis: Un fléau national

     

 

Mercredi, 18 Juillet 2012

La culture sur brûlis est une composante importante de l’agriculture et de l’économie malgache. Communément appelé « tavy », cette pratique est surtout utilisée pour convertir une forêt en rizières ou en terres fertilisables.

Les zones rurales sont les plus touchées par cette pratique car cela permet de subvenir aux besoins des familles d’agriculteurs. Avoir un lopin de terre pendant 2 à 3 ans, c’est s’assurer une source de revenu stable pour sa famille. Même modeste, le revenu occasionné par la commercialisation des récoltes permettrait de pourvoir à la scolarisation des enfants, à l’achat des produits de première nécessité à savoir savons, pétrole, sucre, sel et autres besoins du foyer.

Ces pratiques agricoles sont généralement des pratiques ancestrales et traditionnelles. L’on s’approprie les terres forestières, l’on défriche le terrain et on les brûle avant d’y planter soit du riz, soit du maïs. Deux ans après, on laisse au repos la parcelle pendant 4 à 5 ans avant de recommencer le procédé. Trois cycles après, les nutriments du sol sont complètement épuisés et l’on cherche ailleurs des terres cultivables. Les conséquences à long terme des actions des agriculteurs ne figurent pas parmi les premières préoccupations. Tojo, agriculteur dans le Fokontany de Sadabe, district d’Anjozorobe donne son point de vue. « Cette tendance vient du fait que la terre doit se reposer après 3 cycles d’exploitation intensive, nous devons alors trouver d’autres terrains pour cultiver et autant le faire avant le voisin. » Ainsi, ces pratiques causent un impact environnemental considérable, voire même irréversible pour la Grande île. Le Sud et le Sud-ouest de Madagascar sont sérieusement touchés par ce fléau qui ravage chaque année des dizaines de milliers d’hectares de nos forêts. L’on observe ainsi des paysages dévastés, avec pour seul décor les hautes herbes et les broussailles. Vers une nette régression des surfaces boisées et un changement radical des modes de vie. Une conséquence directe de l’exploitation abusive par l’homme des forêts et une déformation de la richesse naturelle malgache.

La Gazette

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