Décès de Bariliva: la valiha perd un virtuose

Publié le par Alain GYRE

Décès de Bariliva : La valiha perd un virtuose

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Bariliva, joueur de valiha aussi talentueux que discret, s’est envolé pour d’autres cieux

Pour ses pairs, Bariliva était un artiste qui a continué d'écrire l'histoire de la valiha, après les Randafison et autres Rakotozafy. Un virtuose discret mais inoubliable.

Bariliva Rasoavatsara a laissé une trace indélébile dans la musique malgache. Il a mené sur plusieurs fronts un des instruments traditionnels et symboliques de Madagascar. De par sa valiha, il a pu visiter des continents. C'est dans sa demeure à Isotry que sa dépouille est veillée pour les derniers jours avant son enterrement.
Un moment douloureux, prévu jeudi dans le caveau familial à Amboditsiry. « Il m'est difficile de trouver les mots. Mais avant tout, Bariliva est à la fois mon gendre et mon ami. Question musique, c'est lui qui a donné une image moderne à la valiha », affirme Bebey, un membre du groupe Lôlô sy ny tariny. Mais, Bariliva avait plusieurs cordes à sa valiha. Dans un soupir mêlant tristesse et nostalgie, Niry Ravelojaona, promoteur et spécialiste culturel, évoque une facette inconnue de l’artiste défunt. « C'était un grand amateur d'art culinaire malgache. Et il avait une connaissance assez poussée sur celui-ci. Pour moi, il est l'héritier de Randafison et proche des Ny Antsaly ».
Vide immense
Dans le milieu de la musique, la nouvelle du décès de ce musicien à classer au rang des Rakoto Frah et autres immortels de la culture malgache, laisse un vide abyssal. Rossy, roi du tapôlaka en témoigne. « C'est une tragédie, car ils ne sont plus que quatre à être spécialement des joueurs de valiha, et à vivre de leur art maintenant à Madagascar », souligne t-il. Bariliva a eu pour contemporains, Donné Andriam­baliha, Benneh, Jean Bà et un autre Donné.
Ces derniers continuent à faire vivre cet instrument ancestral de façon contemporaine, en le mettant sur la même balance que la guitare, le synthétiseur, la batterie et bien d'autres. « Quand nous étions au lycée, il était un défenseur très redouté au foot. Mais jamais nous n'avons pensé qu'il allait faire une grande carrière d'artiste. Il avait étudié le piano au début », se rappelle un ancien ami des bancs du lycée. Et vu de cette manière, jouer de la valiha est plus une mission qu'une passion. Mais Bariliva a préféré raccrocher son instrument de prédilection pour voguer vers d'autres cieux. Tout en gardant l'humilité qui le caractérisait de son vivant.

Maminirina Rado

Mercredi 14 novembre 2012

L’Express

Publié dans Revue de presse

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meranthe 15/11/2012 08:14

au revoir l'artiste !!!