Défécation en plein air : Une pratique nuisible à la santé

Publié le par Alain GYRE

Défécation en plein air : Une pratique nuisible à la santé  

Jeudi, 06 Février 2014 04:49

 

Les latrines et les toilettes ont encore du mal à se faire une place dans le quotidien des Malgaches. En effet, une grande partie de la population continue encore la triste pratique de la défécation en plein air.

 

Les raisons de cette triste réalité sont multiples mais d’une manière générale, c’est la pauvreté qui pousse bon nombre de citoyens malgaches à faire leurs besoins n’importe où, n’ayant pas le moyen de se payer des latrines. Mais la culture est aussi pointée du doigt, sachant que certaines ethnies malgaches considèrent comme tabou d’emmagasiner les défécations. Dans tous les cas, la défécation en plein air est dangereuse et entraîne des conséquences dramatiques. D’aucuns n’ignorent que les diarrhées et les déshydratations sont fatales chez les nourrissons et toute personne fragilisée. Les constipations liées au traumatisme d'un lieu sale, les vers intestinaux, les infections intestinales et génitales, les endémies liées à l'environnement, la prolifération d'insectes nuisibles transmettant des maladies contagieuses et la liste est loin d’être close, sont autant de conséquences néfaste de la défécation en plein air. Et en cette saison de pluies, c’est extrêmement dangereux, surtout quand les excréments finissent dans un cours d'eau, là où les microbes et autres parasites ont plus de chance de se développer rapidement.

 

On comprend d’autant plus l’ampleur de la situation en sachant que 6,6 millions de Malgaches ne disposent pas de latrines chez et font leurs besoins en plein air. Le phénomène est grandement répandu dans le milieu rural mais, vu la pauvreté et le nombre croissant des sans-abri en milieu urbain, on constate que la situation est actuellement la même dans les grandes villes où les plus pauvres sont 12 fois plus susceptibles de pratiquer la défécation en plein air que les plus riches. Enfin, hormis les personnes qui n’ont pas de latrine, il est à noter que la majorité des Malgaches utilisent des latrines insalubres ou partagées.

 

L’on sait par ailleurs que suite aux défécations en plein air, 10.400 Malgaches dont 6.900 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de diarrhée. Des décès directement attribués à 90% à l’impureté de l’eau et au manque d’assainissement et d’hygiène. 9 millions d’euros sont dépensés chaque année en soins de santé. La  malnutrition et ses conséquences liées à d’autres maladies telles que les infections respiratoires et le paludisme, toutes les maladies diarrhéiques constituent la cause principale de morbidité. Les coûts associés à la recherche de soins de santé incluent la consultation, les médicaments, le transport et, dans certains cas, l’hospitalisation constituent autant de fardeaux sur les dépenses des ménages et du gouvernement. La défécation en plein air coûte à Madagascar plus de 48 millions d’euros par an et l’élimination de cette pratique nécessiterait la construction et l’usage d’au moins 1,5 million de latrines.

 

Y.L

La Gazette

 

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