Dégradation de l’environnement:: Un coût très lourd pour l’économie

Publié le par Alain GYRE

Dégradation de l’environnement:: Un coût très lourd pour l’économie

 

 

Samedi, 06 Avril 2013

9 à 10% du PIB ou entre 450 et 500 millions US$ par an.

C’est le coût de la dégradation de l’environnement à Madagascar d’après l’estimation de la Banque mondiale. Hier à Anosy, cette institution a présenté son rapport sur l’environnement. Et si l’on se penche sur le coût économique de la dégradation environnementale, il est très lourd pour l’économie. Si l’on y ajoute les dégâts et dommages occasionnés par les cyclones, le coût est encore plus élevé. En 2008 en effet, les dégâts provoqués par une série de cyclones ont été estimés à 5% du PIB. Si l’on revient sur la moyenne citée plus haut, il faut rappeler que rares sont les principaux secteurs à afficher un tel taux de croissance. Le dernier Tableau de bord économique de l’Institut national de la statistique (INSTAT) montre qu’en 2011, seuls les secteurs des assurances et de l’industrie du corps gras ont affiché une croissance au-dessus de 10% (respectivement 10,8% et 14,4%). Comme quoi, la croissance économique est fortement handicapée par la dégradation de l’environnement. Jean-Christophe Carret de la Banque mondiale affirme que Madagascar n’est pas sur une trajectoire de développement durable. En effet, l’épargne ajustée, c'est-à-dire l’épargne qui combine le capital productif, humain et naturel est négative pour le pays.

On parle de malédiction des ressources naturelles.

« Madagascar est aussi maudit que le Congo avec le pétrole », relève Jean-Christophe Carret. Or, les ressources minières non incluses, plus de 50% des richesses du pays résident dans le capital naturel. Il s’agit des forêts, des aires protégées, des terres agricoles, des ressources halieutiques. La transformation de ces ressources pose problème à cause notamment de la mauvaise gouvernance. Pourtant, la Banque mondiale pense que le développement du pays repose pour le moment sur la bonne gestion de son capital naturel pour transformer celui-ci en capital productif et humain. En effet, le capital productif et humain est encore trop faible pour produire une croissance soutenue. Les infrastructures sont insuffisantes et mal entretenues, la main d’œuvre est peu qualifiée, sans parler de la déscolarisation massive provoquée par la crise actuelle. Plus de 1 million d’enfants ne peuvent plus rejoindre le chemin de l’école. Toutefois, la mauvaise gestion du capital naturel, à l’instar des trafics illicites de bois de rose, est loin de remédier à cette faiblesse du capital humain et productif.

Notons que le rapport de la Banque mondiale est plutôt analytique et se veut un instrument pour évaluer les impacts des appuis qu’elle a donnés au pays en matière environnementale. Les leçons à tirer de cette analyse permettront de continuer le dialogue avec le gouvernement et les différentes parties prenantes sur d’éventuels projets. Mais d’ores et déjà, la Banque affirme que si Madagascar a fait exception concernant l’appui financier pour l’environnement, cette exception risque fort de ne plus avoir cours. Les institutions internationales ne font plus preuve de largesses comme auparavant. Il en est de même des fortunés de ce monde dont une partie des richesses finance les ONG internationales œuvrant pour l’environnement. La clé du problème se trouve donc dans la réduction de la dépendance vis-à-vis de l’étranger.

Fanjanarivo

La Gazette

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