Dégradation des routes : le cauchemar des automobilistes

Publié le par Alain GYRE

Dégradation des routes : le cauchemar des automobilistes           

Vendredi, 31 Janvier 2014

 

2h pour relier Ambohimahasoa à Fianarantsoa, alors que ce tronçon de la RN7 fait à peine 50 km ! C’est un cauchemar pour les automobilistes et les passagers lorsqu’ils sont amenés à faire un trajet long comme Tana-Toliara (environ 1 000 km). Et quand on est amené à faire un aller-retour dudit trajet sur un laps de temps de quelques jours seulement, bonjour les courbatures et la fatigue. Si avant la crise, on faisait encore Tana-Toliara en 12h à bord d’une voiture légère et assez puissante, il faut maintenant dans les 18h, les pauses-repos et pauses-repas non inclus. Ce tronçon de la RN7 n’est pas le seul à se trouver dans cet état de dégradation avancée. Plusieurs routes nationales sont concernées par ce problème mais grâce à un projet financé par la Banque mondiale et non le gouvernement, des routes seront réhabilitées d’ici 2017. Certes, la crise peut tout expliquer mais le problème n’est pas seulement d’ordre financier. Il résulte aussi du mauvais choix d’instruments opéré par la transition. Citons les méga-subventions du marché pétrolier depuis 2010. Si elles ont permis de geler les prix à la pompe et de contenir l’inflation, elles ont abouti à la dégradation d’une partie du patrimoine routier. Ces subventions incluent des mesures indirectes dont le non-paiement de la redevance de l’entretien routier par les pétroliers.

 

Cette situation met à mal la caisse du Fonds d’entretien routier (FER) dont la principale mission est de financer l’entretien des routes nationales. Toutefois, d’autres options étaient possibles pour le gel des prix à la pompe. Des professionnels du secteur ont toujours proposé de réduire les taxes et impôts qui pèsent lourdement sur les produits pétroliers. Ils représentent 42% du prix à la pompe. Ils ont aussi suggéré une révision à la hausse des prix par palier. Mais l’Etat était resté sourd à ces propositions, comme il l’a déjà été dans les années 2000 lorsque le pétrole a flambé sur le marché international. Bref, l’Etat a toujours choisi la solution la plus facile mais la plus coûteuse pour lui et donc la plus coûteuse aussi pour les contribuables. Car s’il procède à une révision à la baisse des taxes et impôts sur les produits pétroliers, il est obligé de réduire son train de vie, de se serrer la ceinture en dépensant les deniers publics d’une manière efficace et efficiente. Une approche qui a été toujours loin d’être adoptée par les gouvernements successifs du pays. Mais si on observe les opérations d’assainissement et de rigueur de ces derniers jours orchestrées par le président nouvellement élu, on doit s’attendre à un changement de la donne, sauf si ces opérations sont destinées à jeter seulement de la poudre aux yeux. Il faut attendre pour voir et juger sur pièce.

 

Fanjanarivo

La Gazette

 

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