Dengue : Moustiques transgéniques comme riposte brésilienne, inquiétude des écologistes

Publié le par Alain GYRE

Dengue : Moustiques transgéniques comme riposte brésilienne, inquiétude des écologistes

 

 mai 12th, 2014

 

Des moustiques transgéniques pour lutter contre la dengue, l’expérience est tentée par le Brésil, pour endiguer cette maladie en cette veille de la coupe du monde de football qui aura lieu dans ce pays. Mais cette solution soulève beaucoup d’inquiétudes quant aux questions sanitaires et éthiques.

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La dengue, maladie virale bien connue à Madagascar, pour en avoir connu quelques épisodes d’épidémie, il y a quelques années, est également une préoccupation majeure pour les autorités de l’Amérique latine et des Caraïbes. Le Brésil, en particulier, a choisi l’arme de l’organisme génétiquement modifié pour lutter contre le vecteur de la dengue, principalement le moustique « aedes aegypti ». Dans ce pays, la dengue a affecté un demi-million de personnes cette année. L’option du moustique transgénique, est considérée comme la manière forte par les autorités, pour parvenir à endiguer la maladie à l’approche de la coupe du monde de football.

 

Méthode. Cette initiative consiste à produire à grande échelle des moustiques génétiquement modifiés. Selon les spécialistes, le concept repose sur la modification des mâles de l’espèce de moustique vecteur de la dengue. Chez cette espèce, en effet, les femelles piquent et se nourrissent de sang pour pouvoir pondre. C’est ainsi qu’elles transmettent le virus de la dengue d’une personne à l’autre. Les chercheurs qui ont mis au point le moustique mutant, sont intervenus sur les mâles, pour les rendre stériles et altérer ainsi la capacité de reproduction des moustiques. Ce qui aurait pour conséquence la réduction des contaminations. Ces mâles ainsi modifiés, peuvent s’accoupler normalement avec les femelles, et celles-ci pourraient parfois être fécondées, mais la viabilité de leurs larves est quasi-nulle.

 

La commission brésilienne chargée des questions relatives aux OGM a ainsi autorisé il y a environ un mois, un lâcher de moustiques génétiquement modifiés dans l’environnement, dans ce pays. Des démarches similaires ont déjà été menées il y a quelques années en Malaisie et aux îles Caïmans.

 

 

 

Irresponsable. Les associations écologistes ont manifesté leurs inquiétudes quant aux éventuelles conséquences de cette démarche sur l’environnement et la santé humaine. Il n’y a, en effet, aucune certitude quant à l’existence ou non de dangers sur la santé, de la piqûre de moustique mutant. En réalité, ce scénario ne devrait pas avoir lieu sachant que ce sont les mâles génétiquement modifiés qui sont relâchés dans la nature et les femelles, éliminées. Or, d’après certains experts, dans la mesure où la modification génétique est faite à un stade où les moustiques ne sont pas encore différenciables et que la sélection des mâles se fait après quelques jours, le risque zéro d’avoir des femelles se trouver parmi les mâles n’est pas prouvé. Les conséquences n’en sont donc pas encore connues et il est jugé par ces experts, irresponsables de procéder à une dissémination à grande échelle des moustiques transgéniques dans la nature, sans avoir en main tous les éléments à propos de toutes ces questions et savoir avec certitude qu’il n’y a pas d’effets négatifs sur la santé. Par ailleurs, la baisse de la population de moustiques « aedes aegypti » et son élimination, pourrait être favorable à la prolifération d’une autre espèce de moustique, également vecteur de la dengue.

 

Effet rebond. Les associations écologistes craignent, par ailleurs, l’impact positif mais à conséquence incertaine dans la durée, de ce lâcher massif de moustiques transgéniques en raison de l’effet rebond. Le système immunitaire des humains, moins exposé au virus, risque d’être moins résistant La plus grande menace serait alors une plus grande difficulté pour les humains de faire face, plus tard, au virus, si jamais une recrudescence de l’épidémie survenait. Les décès risqueraient alors d’être beaucoup plus importants, craignent les écologistes. Rappelons que la dengue touche chaque année environ 50 millions de personnes dans le monde et sa forme la plus grave est la dengue de type hémorragique, mortelle dans 20% des cas. La méthode de lutte la plus recommandée, consiste essentiellement à éliminer les lieux de reproduction des moustiques, à savoir les eaux stagnantes et l’usage de moustiquaire.

 

Recueillis par Hanitra R.

Midi Madagasikara

Publié dans Revue de presse

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