Des ampanjaka en congrès

Publié le par Alain GYRE

Nosy Be : Des ampanjaka en congrès

Quelques dignitaires participant au 1er congrès des communautés royales

Des chefs traditionnels se réunissent pour essayer de restaurer les valeurs malgaches. Les anachronismes sont à éviter et à proscrire.

Depuis mardi 22 octobre et jusqu’au samedi 27 octobre, Nosy Be accueille le premier Congrès national de la Fédération des communautés royales traditionnelles malgaches (FCRTM), composée d’une quarantaine de rois, de princes et princesses, de chefs coutumiers, venant de tous les coins de Madagascar. L’absence des deux fameux rois d’Anta­karana, Issa Tsimiaro IV et Lamboeny III, a été remarquée. En outre, pour l’Île aux parfums, le roi Amada II, « ayant tourné le dos » l’année dernière, n’a pas encore officiellement de successeur.
La cérémonie d’ouverture, devant la mairie de Hell-Ville, a aussi vu la présence des autorités locales, conduites par le chef de district Malaza Ramanamahafahay et le PDS Taciano Rakoto­manga.
Sous la houlette de Son Altesse royale Elakovelo Etsiosa Tsimbazahane Zoendreniny, cette réunion de cinq jours, à travers les travaux de différentes commissions, a pour objectif de déterminer les mesures à adopter pour la restauration des valeurs malgaches, les « soatoavina malagasy », lesquelles sont en train d’être délaissées. Ce premier congrès est le fruit de la tournée nationale, à l’initiative de Son Altesse royale, entamée depuis cinq ans, à travers différentes localités de la Grande île.
L’hôte a saisi l’occasion pour parler de la décadence de la vie politique, de la dégradation lamentable de la vie sociale et de l’augmentation de jour en jour du nombre de morts et de blessés, tant du côté des
antagonistes que de celui de la majorité silencieuse.
Apolitique
« Face à la situation actuelle, nous ne pouvons pas rester insensibles, et nous avons décidé de ne plus nous taire car nos peuples nous reprochent d’être les complices de tous les maux qui sévissent dans notre pays, actuellement », s’est insurgée la présidente de la FCRTM.
Mais, elle a précisé que les mesures prises à l’issue de ce premier congrès ne viseront pas à faire revenir Madagascar à l’ère royale, mais elles auront pour but de résoudre le soubresaut chronique, cyclique, et très grave touchant la Grande île.
L’initiatrice de ce congrès de Nosy Be a tenu à préciser que la FCRTM est apolitique. Celle-ci se met au-dessus de la mêlée politique et elle ne soutient aucun protagoniste.
Néanmoins, la réalité ne reflète pas vraiment cette déclaration, car des sujets politiques ont été débattus lors des travaux de commissions. Les participants ont même épinglé les politiciens, principaux responsables de la détérioration des valeurs morales malgaches, et dont l’attitude serait à l’origine du prolongement de la crise.
Lors de son intervention, le chef du district de Nosy Be n’a pas mâché ses mots pour conscientiser cette communauté royale.
« En ma qualité de représentant de l’État, je loue votre initiative car on ne peut pas effacer l’histoire de Madagascar. Mais, je tiens à vous signaler que notre société a connu de grands changements grâce à la mondialisation et à la globa-lisation. Tâchez donc d’adopter des mesures avantageuses, car toutes les coutumes et toutes les traditions ne mènent pas forcément à une édification et ne sont pas toujours profitables», a-t-il insisté.
Ce premier congrès de la FCRTM sera pimenté et clôturé par des animations artistiques, un bal populaire, un dîner dansant, la remise de décorations aux invités, selon le mérite, et l’inauguration d’une stèle.

Raheriniaina

Vendredi 26 octobre 2012

L’Express

Publié dans Revue de presse

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