Des Hainteny de Jean Paulhan mis en scène

Publié le par Alain GYRE

ANKATSO :  Des Hainteny de Jean Paulhan mis en scène

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La fin du scénario, l'homme qui implore le pardon de la femme .

 

Le Hainteny, mode d'expression unique, l'érotisme soi-disant détourné, des mots très évocateurs mais imagés qui font partie de la littérature malgache.

 

 

Redécouverte d'une parcelle de la littérature malgache par et pour des étudiants de l'université d’Ankatso. Hier après midi, s'est déroulée la troisième et dernière mise en scène des textes de Jean Paulhan, des traductions de ces fameux Hainteny intitulés « Paroles brûlées ».

Un spectacle franco-malgache à l'occasion du 100e anniversaire de la publication de Jean Paulhan sur les Hain-teny. C'était l'initiative de deux membres du Conti, un réseau international de solidarité artistique, Daniel Bedos le réalisateur et directeur du Conti et Beby Mahita, à la conception. Tous les deux sont intervenus sur scène avec l'aide de deux étudiants, Rajarisoa Hasimpitiavana et Rasolofomanana Alfred Léonard.

Il s'agissait des textes exacts de l'auteur, adapté à l'époque contemporaine et notamment pour les jeunes. Une représentation de théâtre espacée par un chant évangélique et une interprétation du titre « velome » de Koike par Beby Mahita, le tout sur un son de violon. Les textes ont été imaginés sur l'histoire d'un couple. Débutant par l'homme qui courtise une femme, se présentant chez cette dernière avec le « salaka de soie ». La femme, pudique, le somme de lui prouver son amour. Le public a fait face à un scénario très familier : l'homme qui dit aimer pour que la femme s'offre à lui. L'homme riche en hain-teny finit par la faire sienne. Par la suite, il s’en détourne, et cette dernière finit par l'accepter et renonce à l'homme.

Cependant, il finit par regretter et revient vers elle, qui le fait vaciller, accusant l'autre femme de « vehivavy maivana », « femme légère », et accusant à l'occasion l'homme d'avoir été dupé en voyant le « akanga tsara soratra », mais finit par lui pardonner.

 

Jean Paulhan le zanatany

L'empreinte des textes de Jean Paulhan sont des traductions de Hain-teny, un patrimoine poétique malgache que lui a fait connaître les anciens des villages voisins d’Antana­narivo.

Jean Paulhan est un Français qui a vécu à Mada­gascar entre 1907 et 1910, il n'était pas d'accord avec la colonisation même s'il était lui même français. Avec une répulsion particulière pour le gouverneur Augagneur pour avoir dit que « le théâtre n'a aucun sens à Madagascar ». Il avait été désigné pour faire partie de l'administration coloniale, mais il a préféré être employé auprès des collèges et des lycées pour enseigner le latin et le français.

Lors de son passage, il a concouru à un examen de malgache duquel il est ressorti avec une mention très bien. Sa proximité avec les personnes âgées lui a fait connaître la liberté des Malgaches dans l'évocation de l'amour physique.

 

 

Niry Ravoninahidraibe

 

Jeudi 01 août 2013

L’Express

Publié dans Revue de presse

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