Dites non à la violence à l’égard des femmes, brisez le silence !

Publié le par Alain GYRE

Célébration de la Journée Internationale de la Femme: Dites non à la violence à l’égard des femmes, brisez le silence !

     

 

Samedi, 09 Mars 2013

En partenariat avec l’Université Catholique de Madagascar et en présence des représentants du corps universitaire de l’Université Catholique de Madagascar et du Représentant du Système des Nations Unies, Dr Claire Mulanga, Coordinatrice inter-pays de l’ONUSIDA, le système des Nations Unies a célébré hier la Journée internationale de la femme.

Le thème retenu cette année est consacré à la lutte contre les violences faites aux femmes et s'intitule «Une promesse est une promesse: il est temps de passer à l’action pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes».

La violence à l’égard des femmes et des filles est un fléau qui persiste sur tous les continents et n’épargne aucun milieu social. La violence à l’égard des femmes est une violation majeure des droits humains. Outre les dégâts physiques et les séquelles psychologiques, la violence empêche les femmes de participer pleinement au développement de leur communauté et entrave l’atteinte de tous les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Chaque année, la violence à l'égard des femmes coûte des milliards de dollars aux États, sous la forme de dépenses de santé supplémentaires et de perte de productivité.

« En cette Journée internationale de la femme, nous nous engageons à ne laisser aucun crime contre des femmes impuni et à systématiquement refuser que des femmes soient punies pour des violences qu’elles ont elles-mêmes subies. Nous nous engageons de nouveau à lutter contre ce fléau mondial, où qu’il frappe : dans les familles et dans le monde du travail, dans les zones de guerre et dans les pays en paix, et dans l’esprit des gens qui laissent libre cours à ces violences » a déclaré Ban Ki Moon, Secrétaire Générale des Nations Unies.

Madagascar s’est engagé au niveau international pour l’éradication des violences basées sur le Genre à travers la signature du Plan d’Action de la Plateforme de Beijing et la ratification de la Convention pour l’Elimination de toutes les Formes de Discrimination à l’Egard des Femmes. En 2000, le pays s’est doté d’une Politique Nationale de Promotion de la Femme, qui a été mise en œuvre à travers le Plan d’Action National Genre et Développement couvrant la période 2004 à 2008. Ce plan quinquennal comporte un programme principal et deux programmes spécifiques dont un relatif à la lutte contre les Violences Basée sur le Genre. Par ailleurs, des textes législatifs ont également été adoptés ou reformés, des actions visant au renforcement des capacités techniques des prestataires de services de prise en charge des survivantes ont été entreprises. De plus, plusieurs mécanismes de réponses et de préventions appuyés par le Système des Nations Unies tels que les Centres d’Ecoute et de Conseils Juridiques, les Cliniques Juridiques, le Réseau de Protection des enfants, la plateforme de lutte contre les violences basées sur le Genre ont été mis en place.

En 2011, le Gouvernement malgache a lancé en partenariat avec le SNU la campagne du Secrétaire Général « UNiTE, tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes ». Cette campagne a permis d’insuffler une nouvelle dynamique à la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles.

Actuellement, le Gouvernement et ses partenaires dont le SNU mène une enquête nationale sur le suivi des Objectifs du Millénaire pour le Développement dans 19 000 foyers. Pour la première fois, l’enquête permettra de collecter des données relatives aux Violences Basées sur le Genre. Cela permettra de mieux cibler les actions visant à éliminer la violence envers les femmes et les filles à Madagascar.

Malgré les décisions qui ont été prises et les mécanismes mis en place pour combattre les Violences Basées sur le Genre, la situation des femmes et des filles à Madagascar demeure alarmante. En effet, selon l’Enquête Démographique de Santé de 2008/2009, 32% des femmes interrogées âgées de 15 à 49 ans pensent que l’homme a le droit de battre sa femme ou sa partenaire. De plus, seul un tiers des femmes décident de l’utilisation de l’argent qu’elles gagnent.

Devant l’ampleur du phénomène, le Gouvernement malgache et les partenaires ont décidé de mener des actions concrètes qui doivent être poursuivies et intensifiées. En effet, en 2012 dans le cadre du Programme Intérimaire 2012-2013, les agences du Système des Nations Unies ont convenu avec le Gouvernement de Madagascar le renforcement de l’ensemble des mécanismes nationaux de prévention et de réduction des violences, des abus et des exploitations faites contre les femmes et les filles.

Lors de la conférence débat à laquelle les acteurs dans la promotion des droits humains et les étudiants ont participé, Zoly Rakotoniera, enseignant chercheur à l’université d’Antananarivo a réitéré les enjeux d’une approche holistique pour faire face à la problématique de la violence basée sur le genre. Karen Deborah Benja, étudiante en sociologie rajoutait qu’on doit mettre l’accent sur l’éducation et le respect des droits humains. Didier Randrianaivo, responsable auprès de la Clinique Juridique d'Andohatapenaka argumentait que certes le chômage, la pauvreté, la toxicomanie sont à l’origine des cas de violence traités, toutefois une meilleure sensibilisation et une prise de responsabilité à tous les niveaux influenceront positivement la campagne de lutte contre la violence basée sur le genre. L’officier Hassan Mouigni de la Police des mœurs et des protections des mineurs et le Docteur Dominique Rabemalala de l’hôpital Befelatanana ont pour leur part, évoqué les enjeux de pouvoir briser le silence pour mieux assurer la prise en charge des victimes aussi bien au niveau juridique que médical.

La cérémonie de célébration d’hier fut l’occasion pour le Système des Nations Unies et ses partenaires de mener un plaidoyer fort pour accroitre la prise de conscience et l’engagement des hommes et des femmes à lutter contre les violences à l’égard des femmes et des filles afin d’éviter les graves conséquences sur la vie des femmes et des filles.

Mme Michelle Bachelet, Directrice Exécutive d’ONU Femmes nous a rappelé : « qu’aujourd’hui, à l’occasion de la journée internationale de la femme, et chaque jour, faisons preuve de courage, de conviction et d’engagement. Ensemble engageons-nous à partager le message suivant : les problèmes qui touchent les femmes sont des problèmes d’importance mondiale méritant d’être considérés comme une priorité absolue. Il ne pourra y avoir de paix ni de progrès tant que les femmes vivront dans la crainte de la violence.»

Contact technique

Tolotra ANDRIAMANANA, Chargée de Programme Genre, UNFPA

+261 32 43 32 111,

andriamanana@unfpa.org Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

La Gazette

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