Du pousse-pousse au cyclo-pousse

Publié le par Alain GYRE

Du pousse-pousse au cyclo-pousse

Des anciens tireurs de pousse-pousse reconvertis en chauffeurs de cyclo-pousse

Les Antandroy, originaires d’Ambovombe,Tsihombe, Antanimora, Tranoroe, entre autres, viennent à Toliara en vendant la force de leurs bras en tirant les fameux pousse-pousse appelés communément « posy ». De ce fait, ce métier est dominé à presque 100% par des hommes du deep south de l'Île. Les statistiques disponibles auprès des sources municipales indiquent quelque 3 500 pousse-pousse circulant à Toliara en 2011.
« Près de 10 000 familles vivent des revenus des tireurs de pousse-pousse à Toliara. La plupart d’entre eux tireurs ont dû quitter leur village d'origine sous la pression démographique et dans l'espoir d'un emploi durable en ville », précise Manjovelo, président de l’association des tireurs de pousse-pousse à Tsienen­gea Toliara. En gros, les tireurs vivent leur métier comme un mode de vie rentable et non comme une humiliation.
Mais l’apparition et le boom du cyclo-pousse
observé ces derniers temps dans la Cité du soleil ont entraîné la fin d’une tradition selon laquelle le métier de tireur de pousse-pousse est attribué uniquement à une seule ethnie. À présent, cette spécificité n'est plus de mise, la cherté de la vie oblige presque tout le monde à accepter n'importe quelle profession.
Changement
Et du coup, avec cette rude et âpre concurrence, plusieurs d’entre eux ont abandonné les pousse-pousse traditionnels pour se reconvertir en chauffeur de cyclo-pousse.
« Depuis l'apparition de ce nouveau moyen de transport, nous n'arrivons plus à honorer nos versements car il n'est pas cher pour la population, avec 500 ariary la course. Alors, j’ai décidé d’abandonner le posy pour être chauffeur de cyclo-pousse que j’estime plus lucratif», a déploré Remanevy, un jeune tireur âgé de 18 ans.
Ce changement de mentalité et de comportement tout à fait compréhensible tend à se généraliser auprès de ces tireurs de « posy ». En effet, pour ceux qui ont choisi de pédaler, le métier leur a permis de changer de statut social. De fait, on les appelle maintenant « sôfera » de cyclo-pousse, un titre qui les donne un peu plus de fierté.
Pour Vontsora, ancien tireur de pousse-pousse classique, le fait de pédaler un cyclo-pousse lui permet d'acquérir plus de considération au sein de la société.

Francis Ramanantsoa

Mardi 17 juillet 2012

L’Express

 

Publié dans Revue de presse

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