Eau potable : 40% des Tananariviens n’y ont pas accès

Publié le par Alain GYRE

Eau potable : 40% des Tananariviens n’y ont pas accès   

Mercredi, 26 Février 2014

 

L’accès à l’eau potable dans la capitale est de 60%, selon Olga Rasamimanana, vice-PDS de la commune urbaine d’Antananarivo.

 

C’était avant-hier lors de la présentation de l’enquête de suivi des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) à l’hôtel de ville. Cela signifie qu’une forte proportion des Tananariviens, soit 40% doivent encore avoir recours aux puits. Et dans la grande majorité des cas, rares sont ceux qui ont la possibilité de faire évaluer la qualité de l’eau de leur puits auprès des entités compétentes comme l’institut Pasteur. Ils sont également rares à utiliser des produits comme Sûr’eau pour éliminer les éventuelles bactéries ou autres vecteurs de maladies véhiculées par l’eau non potable. La capitale ne compte pourtant que 1 000 bornes-fontaines. Si elle veut se conformer à la norme de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), soit 1 borne-fontaine pour 500 habitants, il faudra compter 3 000 bornes-fontaines, d’après la vice-PDS. Cela signifie qu’il faut multiplier par 3 l’existant. La capitale souffre pourtant d’une insuffisance de ressources financières. Il n’y a qu’à voir s’entasser au jour le jour les ordures ménagères un peu partout dans les quartiers. Le budget de la commune est d’environ 4 US$ par habitant par an, soit l’équivalent d’un peu plus de 8 000 Ar.

 

Ce chiffre de la Banque mondiale est à comparer avec le budget annuel de la ville de Dakar au Sénégal qui est 7 fois plus. La capitale malagasy ne dispose donc pas de ressources suffisantes pour se développer. Avec une croissance démographique de 3% par an et dépassant la moyenne nationale (2,8% par an), la situation n’ira pas en s’améliorant. Elle risque même d’empirer si les ébauches de stratégies élaborées avec tous les acteurs concernés sous la transition partent en fumée. Les risques existent dans ce cas parce que la continuité de l’Etat n’est pas souvent le fort des pouvoirs qui se succèdent dans le pays. Or avec ces ébauches et les données disponibles dont celles de la Banque mondiale sur l’urbanisation, le pays dispose déjà des premiers matériaux pour élaborer une politique des villes. Pour le moment, le monde rural concentre encore le gros de la population mais l’urbanisation va s’accroissant. Si le pays ne met en œuvre une politique des villes, il risque de voir exploser les différents problèmes socioéconomiques des centres urbains. Il faudra y ajouter les grosses pertes d’opportunités en croissance économique et en développement que devraient générer les villes.

 

La capitale à elle seule génère environ la moitié des richesses créées dans le pays. Ce chiffre atteint près des 3/4 du PIB si on y inclut tous les centres urbains du pays. Mais si les urbains manquent d’eau potable et d’autres services de qualité dans des  secteurs comme l’éducation, le transport, le pays verra à terme sa croissance bloquée.

 

Fanjanarivo

La Gazette

 

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