ÉDUCATION : La cantine scolaire dépourvue de fonds

Publié le par Alain GYRE

ÉDUCATION : La cantine scolaire dépourvue de fonds

La cantine scolaire des EPP, dépend des aides humanitaires. Les écoliers atten­dent les restes de leurs pairs du Sud, pour en jouir.

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Encore un risque de décrochage scolaire. La cantine scolaire est l’une des stratégies  de scolarisation, et un moyen d'augmenter le taux de réussite des examens en primaire. 

 

Hier, le ministère de l'Éducation nationale (MEN), à travers son coordonnateur du projet cantine scolaire, a révélé qu'il n'y avait pas de budget alloué à la cantine scolaire. « Le projet cantine scolaire est considéré comme une aide humanitaire. Si le ministère des Finances ne nous octroie pas de subvention, il n'y a pas de cantine scolaire », affirme André Rasoahoby Dôdy, coordonnateur de ce projet auprès du MEN. Quand celuici se trouve en mesure de ravitailler les cantines scolaires, les élèves s'en régalent uniquement pendant la période de soudure. Cependant, trois fois par semaine, ils prennent de la farine enrichie, alors que leurs pairs du Grand Sud ont comme ration du maïs, des haricots, des légumes,... tous les jours et durant l'année scolaire. 

 

Les analystes sur l'éducation pensent que le phénomène d'absentéisme dans les EPP, s'est aggravé, suite à la suspension de financement des cantines scolaires, depuis la crise de 2009. 

 

« Affamés » 

 

Selon les chefs d’établissement, l'abandon scolaire des enfants « affamés » est, très fréquent, et concerne plusieurs écoles. « Un élève  s'absente par jour. Les parents affirment qu'ils n'ont rien à manger, et ils préfèrent garder leurs  enfants chez eux », a indiqué la directrice de l'EPP Ampefiloha, Modestine Rasoarilalao, récemment contactée. 

 

À l'EPP Anosibe, la situation est plus critique avec 2.250 élèves, dont la majorité est issue de familles défavorisées. Selon la directrice, Florine Razana­mampionona, de nombreux élèves vont en classe, le ventre vide, ou après avoir pris  une tasse de thé. D'autres préfèrent s'absenter. De son statut d'école vulnérable, celle d'Anosibe a bénéficié hier de dix sacs de farine enrichie, de la part du ministère de tutelle. Selon André Rasoahoby Dôdy, ceux-ci seraient les reliquats des écoles dans le Sud, mais une quarantaine d'écoles vulnérables en bénéficieront au troisième trimestre.  

Michella Raharisoa

Vendredi 10 janvier 2014

L’Express

 

Publié dans Revue de presse

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