Education: les élèves privés de cantine scolaire

Publié le par Alain GYRE

Éducation : Les élèves privés de cantine scolaire

 cantine

Les marmites sont presque vides dans les cantines scolaires publiques

Le ministère n'a pas encore distribué la nourriture scolaire destinée aux écoles publiques. Ceci a des conséquences sur la performance des élèves.

Vers 10 heures, moment de la recréation, les élèves des écoles publiques (EPP) avaient l'habitude de se rendre à la cantine de l’école. Chacun a son plat, en aluminium ou en plastique et sa cuillère pour le goûter, composé de farine enrichie. Aujourd’hui, le fonctionnement de la cantine accuse du retard,pour les 100 écoles les plus vulnérables que ravitaille le ministère de tutelle. La situation est beaucoup plus médiocre dans les écoles qui n’en bénéficient pas. Les élèves sont ainsi de moins en moins motivés pour aller à l’école. « Depuis la rentrée, il y a déjà pas mal d’absents. En réponse, les parents nous indiquent que mieux vaut qu’ils restent à la maison quand ils ont faim, plutôt que d’aller à l’école pour ensuite s’évanouir en classe », confie le directeur de l’EPP Anosisoa II, Rapanoelina. Selon lui, en 2011, une trentaine d’élèves ont abandonné l’école pour la même raison : « la faim ». À l’EPP Fiadanana, lundi, des parents sont même venus à
l’école pour réclamer la nourriture scolaire des élèves. «La plupart des parents d’élèves de cette école sont pauvres. Moi
personnellement, je préfère que mes filles restent à la maison
si je ne trouve pas quoi leur donner à manger », affirme Marie Claire Razana­malala, une mère de famille.
Disparité publique privée
Si telle est la situation en plein centre ville, dans les régions, la pauvreté des parents amène les enfants à quitter l’école pour travailler dans les champs. Dans la circonscription scolaire (Cisco) d’Ambatofinandrahana, les élèves abandonnent l’école quand il n’y a pas à manger. « Seule une école dans notre Cisco a eu une cantine en 2002, mais celle-ci n’a duré que deux ans. Dans l’ensemble, les élèves cessent les cours pendant la période de soudure et ils reviennent en période de récolte alors, vous imaginez le taux de redoublement et d’abandon », explique l’adjoint pédagogique au sein de la Cisco, Jean Claude Rafalimanana. Dans le grand sud, environ1200 écoles, financées par le PAM risquent d’avoir une rupture en ravitaillement des cantines scolaires, faute de financement. La cantine scolaire est l’une des stratégies pour encourager la scolarisation. Depuis qu'elle est en difficulté, le taux de scolarisation se dégrade. En ce début
d'année, l'Unicef a révélé dans son étude sur l'exclusion scolaire et moyens d'inclusion au cycle primaire, que le taux d'abandon dans les EPP est de 44%. On constate une grande disparité entre écoles publiques et privées, car dans ces dernières, les parents cotisent jusqu’à 20 000 ariary par mois, pour nourrir leurs enfants à l’école. La nourriture n’est pas constituée de farine enrichie ou de maïs comme dans les écoles publiques, mais d'une entrée, d’un plat de résistance et d’un dessert.

Michella Raharisoa

Mercredi 17 octobre 2012

 

Publié dans Revue de presse

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