Education primaire: De mauvaise qualité selon plus de 50% des Malagasy

Publié le par Alain GYRE

Education primaire: De mauvaise qualité selon plus de 50% des Malagasy        

Mercredi, 18 Décembre 2013

 

La faute n’est pas sûrement aux instituteurs FRAM qui font grève régulièrement. Ils sont rémunérés par les associations de parents d’élèves et reçoivent une subvention de l’Etat.

 

Mais le fait est là. L’enquête Afrobaromètre réalisée du 11 mars au 7 avril dernier et présentée hier au Colbert  avance que plus de 50% des Malagasy mentionnent avoir au moins rencontré chacun des problèmes suivants : surpeuplement scolaire mentionné par 54% des enquêtés, mauvais état des infrastructures scolaires par 50% et manque de matériels ou autres fournitures scolaires par 47,3%. Les personnes enquêtées ont au moins un enfant scolarisé ou en âge de l’être. Quant à la crédibilité de l’enquête Afrobaromètre, Désiré Razafindrazaka de Coef ressources souligne que la méthodologie employée est éprouvée depuis une dizaine d’années dans de nombreux pays africains. Elle répond aux standards internationaux et on doit y ajouter les améliorations apportées par l’Institut national de la statistique (INSTAT), une des parties prenantes à cette enquête avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

 

Pour le secteur éducation, les problèmes sont plus aigus en milieu rural. Par contre, 98% des personnes enquêtées affirment disposer d’une école primaire à une distance de marche assez raisonnable. La distance n’est donc pas un problème, même dans les campagnes. Mais 16% des ruraux (la même proportion dans les villes) trouvent que les services offerts dans l’éducation publique sont trop coûteux ou dépassent leur capacité financière. Les enfants sont ainsi l’une des victimes collatérales de la crise politique vu la chute du revenu des ménages. Car d’après des données officielles, la moitié des travailleurs ne touchent plus que 50 000 Ar/mois. C’est insuffisant pour subvenir aux besoins fondamentaux dont la scolarisation des enfants. En milieu rural toutefois, 44% trouvent que les services scolaires ne coûtent pas chers. Sinon, la mauvaise qualité est dénoncée par 16% des ruraux et 13% des citadins. Le taux le plus élevé concerne le surpeuplement des classes dénoncé par 38% des ruraux et 24% des citadins

 

Au final, seuls 58% des Malagasy ont eu recours aux Ecoles primaires publiques (EPP) au cours des 12 derniers mois. Or, 45% de la population vivent avec moins de 2 000 Ar par jour. Dans ce cas, il est clair que la majorité de ceux qui ne scolarisent pas leurs enfants dans une EPP, ne les envoient nulle part. Ces enfants sont tout simplement déscolarisés ou n’ont pas franchi le seuil d’une école cette année. Mais il faut aussi remarquer qu’obtenir une place dans une EPP n’est pas toujours évident : 22% des Malagasy trouvent encore que c’est difficile, voire très difficile, alors que près de 1 Malagasy sur 2 affirme que c’est facile ou même très facile. Par rapport à cette dernière proportion, le taux de 22% est relativement faible. Mais quand on sait qu’un ménage devrait encore scolariser plus d’un enfant, la situation est problématique face aux difficultés financières. Celles-ci l’empêchent souvent d’opter pour une école privée. Ces différents problèmes devraient faire de l’éducation une des grandes priorités de l’Etat.

 

Fanjanarivo

La Gazette

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