Eglise catholique: Botovasoa, vers le long chemin de la béatification

Publié le par Alain GYRE

Eglise catholique: Botovasoa, vers le long chemin de la béatification

     

 

Lundi, 13 Mai 2013

66 ans, jour pour jour, après sa mise à mort le 17 avril 1947, le diocèse de Farafangana a clôturé le procès de Lucien Botovasoa.

Désormais, ce dossier est dans les mains du pape François à qui reviendra d’élever au rang des martyrs de la foi et de la charité cet instituteur tué lors des événements de 1947 dans le Sud-Est. Le diocèse rapporte ces informations dans un numéro spécial de son magazine « Oloraiky ». Le dossier du procès qui est impressionnant, comporte 5 parties enchâssées, serties de rouge et scellées au sceau de l’anneau de l’évêque, l’anneau étant le symbole de son autorité spirituelle. Il faut aussi souligner que le procès a démarré en 1963 sous la conduite de Mgr. Chilouet et de père Deguise. Ce genre de procès est constitué d’investigations minutieuses sur une personne décédée dont la vie pourrait être érigée en modèle pour les chrétiens via sa béatification et puis sa canonisation. Le 17 avril dernier, celui sur Botovasoa a été clôturé. Dans la matinée, une messe a été célébrée à la cathédrale de Farafangana remplie de fidèles. C’était une occasion d’entendre des détails de la vie de cet instituteur ayant opté pour l’approche franciscaine (c'est-à-dire une vie empreinte de pauvreté) comme principe de vie.

Comme Jésus, il a donné sa vie pour épargner ses proches et son village. Le magazine « Oloraiky » précise : « La lecture de chacun des gestes de la vie de Lucien (lors de la messe) a conduit à l’instant même de la lecture à la réflexion et dans ses parties douloureuses provoque l’émotion : émotion de joie et de douleur inextricablement mêlées qui débordent de toutes parts en action de grâce ». Notons que père François Noiret s’est déjà attelé à la rédaction de la vie de Botovasoa. Il lui faudra un an pour achever cet ouvrage. En attendant, le magazine relève le message le plus fort et le dernier de Lucien Botovasoa, soit son « engagement pour la concorde et la réconciliation à tout prix, y compris le prix de la vie ». Ce message inspiré de l’Evangile est toujours d’actualité à Madagascar. Sinon, l’après-midi du 17 avril 2013 a vu la clôture du procès proprement dite au centre catéchétique Lucien Botovasoa. Tous les participants au procès ont prêté serment sur la rigueur du travail qu’ils ont accompli.

Mgr. Pierre Zevaco, évêque émérite de Tolagnaro témoigne de la vie exemplaire de Botovasoa dans le numéro spécial d’« Oloraiky » : « Lors des évènements tragiques de mars 1947, Lucien Botovasoa s'est toujours voulu distant et loin des choix politiques de l'époque, préférant la vérité de la foi catholique et l'amour de l'église romaine. En témoin authentique de la priorité de la foi, de la vérité chrétienne, de l'amour inconditionnel du Christ et de l'église, il s'est offert en même temps pour protéger et défendre la vie de ses frères et sœurs, les fidèles chrétiens de Vohipeno à l’heure de la semaine sainte. Lucien Botovasoa a accepté d'offrir sa vie pour "ceux qu'il aimait", à l’école de l’Agneau de Dieu ! ». La clôture de son procès a vu la présence des prêtres du diocèse dirigés par leur évêque Benjamin Marc Ramaroson, de nombreux religieux, les familles franciscaines (prêtres, religieuses, laïcs), des membres de la famille de Botovasoa dont sa fille Gaïane, son frère Thomas, les derniers témoins vivants dont quelques uns de ses élèves.

Recueillis par Fanjanarivo

La Gazette

 

Publié dans Revue de presse

Commenter cet article