Electrification rurale: Et la lumière fut pour Andriba !

Publié le par Alain GYRE

Electrification rurale: Et la lumière fut pour Andriba ! 

 

Mercredi, 13 Août 2014  

  80 kW. C’est la puissance installée de la microcentrale hydroélectrique d’Anjiajia inaugurée le 11 août dernier dans la commune d’Andriba située dans le district de Maevatanàna. Les besoins de cette commune localisée à 6km de la centrale sont de 10 kW et d’ici 3 mois, la commune de Mahatsinjo distante de 17km de la centrale bénéficiera également de ce service. Le ministre de l’Energie, Richard Fienena explique que cette infrastructure répond d’ores et déjà au principal axe de la future Nouvelle politique énergétique (NPE) tournée vers la transition énergétique. Il s’agit de développer les énergies renouvelables dont l’hydroélectricité afin de réduire la production thermique. Celle-ci revient très cher car est issue de centrales à gasoil ou à fuel oil. Le ministre précise que parmi les énergies renouvelables, l’hydroélectricité est la moins chère et le pays y compte de nombreuses compétences. Le directeur général de l’entreprise Sermad qui a investi en partie dans la centrale, Jeannet Ratefiarivony affirme, en effet, que le tarif est de 850 Ar/kW, contre 1 800 Ar avec une centrale thermique. Mahatsinjo a été déjà desservie par une centrale thermique. Avec Anjiajia, les clients paieront moins cher et ne connaîtront plus les délestages.  

Anjiajia est mise en service depuis mars 2014. Le site peut encore accueillir une autre installation de 80 kW, en prévision de la hausse des demandes. Le ministre note que l’électricité est un levier pour développer les activités économiques, améliorer les services sociaux… Jusqu’à fin juillet, Andriba compte 108 abonnés. Les cibles pour cette commune sont de 350 abonnés, contre 250 pour Mahatsinjo. Sinon, la centrale d’Anjiajia est le résultat d’un partenariat public/privé. L’investissement total s’élève à 1,8 milliard Ar. Le Fonds national de l’électricité (FNE) géré par l’Agence de développement de l’électrification rurale (ADER), la coopération allemande (GIZ) et Sermad ont participé à cet investissement. Le ministre exhorte la population à prendre soin des biens publics car 50m de câbles ont été déjà volés. Or, ce matériel coûte 30 000 Ar/m. La préservation de l’environnement est une autre paire de manche. Elle évite l’érosion qui pourrait entraver la bonne marche de la centrale et elle protège les sources qui alimentent les chutes d’eau. Le développement de l’électrification rurale et dans les zones périurbaines fait partie des objectifs de l’Etat. 

 

Le ministre souligne que c’est pour desservir les 80% de population rurale. Pour le moment, le taux d’électrification rurale est de 4,72%, contre 57% dans les villes. Avec l’ADER, le ministère développe pour les zones rurales une nouvelle approche privilégiant des projets à impacts plus larges par le biais de plans régionaux indicatifs. A ce sujet, l’ADER précise qu’il sera dorénavant question de développer des projets au niveau régional, et non plus de procéder comme avant (qui était de desservir 1 localité par 1 entreprise). Une ou des entreprises s’occuperont donc de l’électrification de plusieurs localités d’une région. 5 régions dont la SAVA, Menabe, Ihorombe, Bongo-

 

lava, sont déjà ciblées et les projets qu’on va y développer ont déjà trouvé des bailleurs de fonds. Pour la SAVA par exemple, 4 projets vont desservir plusieurs localités. Les porteurs de projets d’électrification rurale pourront opter pour un mix ou une combinaison de diverses sources (hydroélectricité, solaire, éolienne). L’objectif est d’éviter le thermique qui coûte cher en fonctionnement.

 

Fanjanarivo

La Gazette

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