Electrification rurale : Un levier de développement socio-économique d’une région

Publié le par Alain GYRE

Electrification rurale : Un levier de développement socio-économique d’une région

(13-10-2014)

Le projet PHEDER vise à offrir l’électricité abordable et durable aux 77 000 bénéficiaires directs tout en promouvant des entreprises rurales.

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Centrale hydroélectrique

© Midi Madagasikara

Quatre centrales pico-hydroélectriques seront mises en place en octobre 2016 dans les districts d’Ambositra et d’Anjozorobe, dans le cadre de la mise en œuvre du projet PHEDER. Il s’agit d’un projet d’électrification rurale via des centrales pico-hydroélectriques co-financé par la Fondation Tany Meva, l’Union européenne et le GEFSGP, et ce, à hauteur de 2 353 000 d’Euros. « L’objectif consiste à offrir l’électricité abordable et durable aux 77 000 personnes bénéficiaires directes, réparties dans 1 580 ménages dans six communes de ces districts. En plus, 38 établissements scolaires, six bâtiments communaux et six centres de santé de base seront électrifiés sans oublier les postes de la gendarmerie, les églises et les éclairages publics. En effet, l’électrification rurale constitue un levier de développement socio-économique d’une région », a évoqué Tantely Rakotoarimanana, gestionnaire de projets au sein de la Fondation Tany Meva lors d’un atelier organisé la semaine dernière à Ambositra.

 

Ouverture de routes. « Les retombées économiques positives de ce projet sont nombreuses. A preuve, nous nous impliquons activement dans la mise en place de la centrale pico-hydroélectrique qui sera d’ailleurs à terme à gestion autonome communautaire. Nous avons obtenu un financement pour assurer la fourniture de tous les matériaux comme le moellon, le sable et le ciment à l’entreprise réalisant les travaux. Nous les transportons à dos d’homme. En plus, les gens, hommes et femmes, de notre localité sont payés à 3 000Ar/jour pendant 5 jours pour effectuer les travaux HIMO visant entre autres à créer 6,5km des pistes rurales ou à construire un pont long de 40m pour faciliter l’accès au site d’installation de la centrale pico-hydroélectrique. Par contre, nous travaillons gratuitement le 6e jour de la semaine en tant qu’apport des bénéficiaires. Cette ouverture de route contribue en même temps à la facilitation de la collecte de nos produits comme l’orange et les produits maraîchers surtout la tomate », a témoigné Razafindrakoto Randriamahefa, vice-président de l’Association Manirisoa Ampotsinatsy résidant dans la commune rurale d’Andina à Ambositra.

 

Nouvelles technologies. Quant à l’association Antanifotsy Mandroso, elle a reçu un financement d’une valeur de 124 millions d’Ariary pour reboiser trois espèces de plantes sur une superficie de 25 ha en vue de protéger les bassins versants et la centrale. « Ce qui nous permet de renouveler les poteaux utilisés pour la distribution d’électricité dans les villages tout en valorisant les ressources forestières. Nous avons aussi hâte d’avoir accès à l’électricité pour pouvoir bénéficier de nouvelles technologies, mettre en place une décortiquerie, une couveuse électrique pour l’élevage de volailles en particulier « Akoho gasy » ainsi que pour conserver les médicaments et les vaccins tout en luttant contre l’insécurité », a expliqué Rochel Rakotohajanirainy, président de l’association, qui plus est, le président du « fokontany » Antanifotsy. La transformation et la conservation des produits agricoles ne sont pas en reste. « Le projet PHEDER vise également à identifier les filières porteuses dans ses zones d’intervention, à sensibiliser les populations bénéficiaires en matière d’économie d’énergie et à déterminer la tarification de l’électricité tout en assurant la pérennisation de la centrale pico-hydroélectrique », a soulevé le gestionnaire des projets de la Fondation Tany Meva.

 

Production in vitro. Par ailleurs, au moins huit entreprises rurales seront créées à la suite de cette électrification rurale. Certains opérateurs veulent transformer les arachides en huile de table, d’autres envisagent la fabrication de produits dérivés de l’élevage de volailles. La production d’éthanol et la conservation des produits piscicoles en boîtes sont également prévues. Pour la société Naturallia qui produit des huiles essentielles à base de plantes aromatiques et médicinales, elle a besoin d’électricité en continu afin de satisfaire la commande à l’étranger. « En effet, notre production est en ce moment limitée faute d’énergie suffisante. Après l’opérationnalisation de la centrale pico-hydroélectrique d’Andina, on pourra utiliser un extracteur électrique au lieu d’une chaudière fonctionnant avec des bois de chauffe. Ce qui permet de mieux conserver les principes actifs des plantes suivant les normes exigées sur le marché international tout en luttant contre le déboisement. On pourra en même temps mettre en place notre propre laboratoire d’analyse et un autre laboratoire de production in vitro des plantes aromatiques qui sont maintenant très prisés par les clients étrangers », a raconté Randrianasolonjanahary Henri, le gérant de la société. Après l’installation de l’électrification rurale, Naturallia envisage d’exporter directement ses produits.

 

Taux de chômage élevé. En fait, « le problème d’enclavement énergétique aggravé par le délestage de la Jirama qui dure 5 heures par jour constitue un facteur de blocage pour le prolongement de la chaîne des valeurs dans la région d’Amoron’i Mania. Notre région exporte entre autres 100 000 tonnes/an de bois d’eucalyptus et de pin sans être transformés, alors que le taux de chômage y est le plus élevé à Madagascar, atteignant environ 25% de la population active. Le mouvement migratoire y est aussi le plus accentué. Sur les 55 communes à Amoron’i Mania, seules trois communes ont une énergie autonome et quatre chef-lieux de districts sont électrifiés », a dénoncé Rakotomampionona, le directeur de Développement Régional de la région.

 

Navalona R.

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Publié dans Revue de presse

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