Energie solaire: Un grand potentiel à développer

Publié le par Alain GYRE

 

Energie solaire: Un grand potentiel à développer       

Vendredi, 13 Septembre 2013

 

2 000 kWh/km2/an. C’est le potentiel en énergie solaire de Madagascar.

 

Mais la puissance électrique installée issue notamment de centrales thermiques et hydroélectriques ne suit pas la demande. C’est pour cette raison qu’il faut attendre en moyenne 1 an et environ 3 mois pour que la Jirama réponde à une demande de raccordement à son réseau. Ce délai ne dépasse pas les 5 mois en Afrique subsaharienne d’après le Doing business 2013 de la Banque mondiale. Il faut aussi noter que les grands projets miniers doivent investir eux-mêmes pour leur fourniture en énergie. L’investissement dans les infrastructures énergétiques fait partie des facteurs qui renchérissent jusqu’à 40% le coût de l’investissement minier dans le pays, si on le compare à ce qui se fait dans des pays similaires en Afrique. C’est la raison invoquée par les investisseurs miniers pour expliquer le taux de la redevance minière qui se situe à 2%. Un taux qui fait débat. Il ne devrait pas en être ainsi si le pays produit suffisamment d’énergie qui répond aux besoins des particuliers, des entreprises et des grands projets industriels.

 

Parmi les sources d’énergie possibles, on peut citer l’éolienne, le biocarburant, l’hydroélectricité avec un gros potentiel estimé à 7 800 MW, le solaire… Madagascar a les compétences requises notamment pour la maîtrise de l’énergie hydraulique. Il compte également quelques investisseurs en phase de tests dans la production de biocarburant. Pour l’heure, il faut toutefois noter que le pays ne dispose pas d’une politique énergétique claire pour développer les énergies renouvelables. C’est pourquoi les incitations à l’investissement se font d’une manière sporadique et insuffisante à travers quelques dispositions inscrites dans certaines lois de finances. Pour l’agrocarburant, le pays met aussi du temps pour mettre en place le cadre légal et réglementaire. Des projets de loi ont déjà élaboré depuis le précédent régime, mais ils n’ont pas encore abouti à quelque chose de concret. Pour le solaire qui fait partie des énergies renouvelables, l’évolution du marché mondial des panneaux photovoltaïques devrait améliorer l’accès à cette source d’énergie.

 

Si un panneau solaire coûtait 70 US$ le watt ou 140 000 Ar en 1970, il vaut actuellement 80 centimes ou 1 600 Ar. Cet effondrement des prix observé notamment sur les 5 dernières années fait rebondir le secteur. A Madagascar, il permet de vulgariser un tant soit peu les panneaux solaires. Dans des régions comme la Sofia, il n’est pas rare de voir les paysans revenir chez eux après avoir vendu leurs produits au marché, avec des panneaux pour leur téléviseur, la radio, etc. Avec le matelas à éponge, le panneau solaire fait partie des produits d’appel qui sont visibles la plupart des porte-bagages des taxis-brousses qui sillonnent les localités de cette région. Mais seuls les fours solaires, les paraboles de cuisson solaire et les lampes solaires sont exonérés de droits de douane dans la loi de finances 2013. Ils sont toujours frappés par la TVA de 20%. Sinon, la loi de finances précise : « Les entreprises qui investissent dans la production et la fourniture d’énergie renouvelable peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt égal à l’impôt correspondant à 50% de l’investissement ainsi réalisé ». A l’heure où la Jirama est aidée régulièrement par l’Etat, le pays ne dispose pas d’une politique ou d’une stratégie pour développer les énergies renouvelables pour moins dépendre des énergies thermiques qui coûtent chers.

 

 

 

Fanjanarivo

La Gazette

 

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