Engrais verts: Une alternative bio à moindre coût

Publié le par Alain GYRE

Engrais verts: Une alternative bio à moindre coût            

Jeudi, 28 Août 2014

 

Le « bio » devient un must pour garder la forme, la santé et même la beauté. Ainsi, l’utilisation d’engrais chimiques devient un handicap économique.

 

Le pays devrait profiter de cette tendance qui n’est pas près de s’inverser avec son faible taux d’amendement avec des engrais chimiques (moins de 10 kg/ha). Les produits chimiques créent d’ailleurs des problèmes environnementaux et font perdre chaque année des millions d’hectares de terres cultivables à des pays développés et émergents. Avec l’engrais vert, l’environnement est préservé et le rapport qualité/prix est intéressant avec les matières organiques, d’après Missouri botanical garden (MBG). Cette ONG oeuvrant pour l’environnement précise que la pratique et les recherches ont permis d’identifier des plantes capables de fixer l’azote de l’atmosphère terrestre et de libérer des minéraux liés à la roche mère pour leur propre épanouissement et celui des autres plantes. La fabrication d’engrais vert consiste à utiliser des plantes à croissance rapide qui se développent même en fin de saison, en couvrant le sol.

 

Sur un courte période, elles fournissent une grande quantité de matières organiques pour enrichir le sol. Véritables sources de nitrate, de potasse, de soufre et d’autres sels minéraux solubles, les engrais verts sont des coffres-forts de nutriments et mettent les plantes à l’abri du lessivage, notamment en fin de saison chaude et pluvieuse. Ils protègent la terre, interdisent les plantes indésirables, luttent contre l’érosion et se transforment, après leur coupe, en humus structurant. Adieu veaux, vaches, cochons et composés chimiques du genre NPK ! Le MBG explique que l’engrais vert est un ensemble de plantes incluant des graminées comme le maïs utilisé en culture de contre-saison sur rizière avec le soja, le « Vigna » (ou « voanjobory »), le Cynodon dactylon (ou « fandrotrarana »). Ces plantes résistent à la sècheresse et à l’inondation temporaire. Quant à Eleusine indica (ou « tsipipihana »), elle a un système d’enracinement très puissant et résiste à la sècheresse. Cette plante fourragère peu exigeante est facile à installer par semis. Elle peut servir à l’assolement pour la culture de manioc et d’arachide sur les hauts-plateaux.

 

Il y a aussi les légumineuses de prairie dont Cajanus cajan (ou « amberivatry »). Plante commune à Madagascar, elle sert à l’élevage du ver à soie indigène dans le sud Betsileo. Le Senna occidentalis (ou « tsotsorinangatra ») et le Glycine soja (ou soja) se marient avec le Vigna pour fertiliser le sol. La plupart de ces plantes sont introduites et naturalisées selon la base de données de MBG (http://www.tropicos.org/Project/MADA). Leurs racines améliorent la structure du sol et stimulent la vie microbienne souterraine. Cerise sur le gâteau, certaines de ces plantes empêchent le développement des mauvaises herbes ou freinent leur expansion. Des graines d’espèces à semer comme engrais vert sont à un prix abordable sur le marché. MBG conseille de choisir des cocktails de plantes différentes pour obtenir un meilleur résultat à moindre coût.

 

Recueillis par

 

Fanjanarivo

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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