Enjeux du changement climatique: La prise de conscience est quasiment inexistante pour le pays

Publié le par Alain GYRE

Enjeux du changement climatique: La prise de conscience est quasiment inexistante pour le pays        

Mardi, 17 Juin 2014

 

A Madagascar, le coût de la dégradation de l’environnement est d’environ 9 pourcent du PIB (en prenant l’année 2005 comme référence, la seule année pour laquelle nous disposons de l’ensemble des données nécessaires).

 

Et d’après les données de la Banque mondiale, il apparaît que si on examine l’impact de ce coût sur le taux d’épargne, c’est-à-dire le taux de croissance du stock combiné de capital productif, humain et naturelle, ce taux (toujours pour la même année de référence) est négatif à -6.5 pourcent du PIB.

 

Ceci indique que, contrairement à ce qu’un décideur malgache pourrait penser en ne considérant pour cette même année que le taux de croissance du PIB de 4.6 pourcent, ou encore le taux d’épargne brute à 10 pourcent pour cette année, la croissance du pays n’est pas durable.

 

Le manque d'entretien de l'infrastructure physique a bien entendu une influence majeure sur ce résultat, mais la mauvaise gestion des ressources naturelles renforce encore la tendance à un développement non durable.

 

Et les mêmes informations de noter, surtout, que le coût de la dégradation de l’environnement n’est qu’un exemple parmi d’autres d’une méthodologie qui permet d’ordonner les problèmes environnementaux afin d’identifier les priorités. Il nous indique entre autres que la politique de croissance économique du pays doit tenir compte de la gestion des ressources renouvelables (et de leurs revenus), de celle de l’environnement, ainsi que de la prévention des dégâts dûs aux événements climatiques. L’utilisation de cette méthodologie avec les données existantes illustre par ailleurs que les priorités du secteur de l’environnement à Madagascar ne se limitent pas seulement aux plus médiatisées.

 

Ces résultats suggèrent deux directions pour l’action : tout d’abord, le pays doit éventuellement faire plus attention aux problèmes environnementaux dont personne ne parle, mais qui touchent les catégories de population les plus pauvres et les plus vulnérables ; ensuite, il est nécessaire de commencer à assembler les données sur les nouveaux problèmes environnementaux qui pourraient surgir.

 

Par ailleurs, et selon toujours la même source, il est dit que l’analyse des priorités environnementales a révélé qu’en plus des cyclones dont les dégâts sur les infrastructures sont visibles et médiatisés, les sécheresses et les inondations des villes côtières sont des problèmes importants qui devraient s’accentuer dans les années à venir. Or le pays n’a pas de politique d’adaptation digne de ce nom, et continue à intervenir sur le mode de l’urgence après les cyclones et les sécheresses. Il y a également un réel manque d’institutions ayant les capacités et les ressources nécessaires pour préparer et mettre en œuvre les programmes, alors qu’on déplore d’autre part que la prise de conscience du public sur les enjeux du changement climatique pour le pays est quasiment inexistante. C’est paradoxal si l’on compare avec ce qui se passe dans la plupart des pays africains qui investissent d’ores et déjà des centaines de millions de dollars dans l’adaptation au changement climatique dans des secteurs tels que l’agriculture, les infrastructures, ou encore la protection des villes côtières, alors que Madagascar est parmi les pays les plus vulnérables aux catastrophes naturelles en Afrique, en particulier en ce qui concerne les cyclones.

La Gazette

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