Environnement et forêts: Madagascar est considéré comme pays à fort taux de déforestation

Publié le par Alain GYRE

Environnement et forêts: Madagascar est considéré comme pays à fort taux de déforestation

     

 

Vendredi, 01 Mars 2013

Madagascar se distingue par son statut de « sanctuaire de la nature » : sa diversité biologique à 80% endémique place la Grande Ile comme un espace riche de plus de 9700 plantes et 770 vertébrés qui lui sont propres et dont la plupart se trouve dans les forêts.

Ces forêts qui, durant la moitié du XXè siècle, auraient été malheureusement réduites de moitié, sous l’effet de l’accroissement démographique et du défrichement agricole, sans compter que jusqu’à présent, les forêts restent la principale source énergétique des ménages.

Plus, d’après les données du Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF), proposition des mesures pour l’état de préparation (R-PP) Madagascar, il apparaît, notamment, que depuis les années 90, en partant du sommet de Rio sur le développement durable, Madagascar a fait montre de volonté politique, prenant l’initiative de placer l’environnement et les forêts au centre de sa stratégie de développement. L’Ile est considérée comme l’un des 25 hotspots mondiaux de biodiversité.

Son programme environnemental, dont l’objectif était de conserver les ressources naturelles pour une croissance économique durable, a été soutenu par les partenaires techniques et financiers avec un apport de plus de 400 millions $US sur une durée de 20 ans. Un des principaux résultats obtenus est la création de 2,65 millions d’hectares d’aires protégées, et la finalisation en cours de 3,25 millions d’hectares de nouvelles aires protégées, ce qui représente un total de 10% de la superficie du pays. Ce programme a également permis de réduire de 75% la déforestation (de 2% à 0,5% par an).

Toutefois, les mêmes données indiquent, entre autres, que Madagascar veut réduire de manière encore plus significative la déforestation, et souhaite maitriser la dégradation forestière qui n’a pas vraiment été considérée à sa juste importance, jusqu’à présent. Au travers des 20 années d’expériences de la mise en œuvre du Programme Environnemental, il apparait que les causes de pertes des 50.000 ha annuelles des forêts sont principalement : la conversion de forêt en terrain de culture, la collecte de bois énergie, et la propension des petites exploitations minières licites ou illicites.

Plusieurs facteurs ont favorisé cette déforestation: une agriculture non durable, la précarité des modes d’existence des ménages, la croissance et la concentration démographique réparties d’une manière non uniforme ainsi que l’absence d’incitations pour une utilisation durable des ressources.

Madagascar souhaite prendre des mesures radicales face aux causes probables suivantes : l’exploitation forestière non durable, la collecte de bois énergie associée aux techniques de carbonisation inefficace et les pâturages en forêt. Tirant les leçons de l’exploitation illicite de bois précieux actuelle, une attention spécifique sera portée aux défaillances en matière de gouvernance forestière, qui est une condition préalable à la mise en œuvre des stratégies REDD+.

Dans ce sens, d’ailleurs, des options stratégiques pour le REDD+ seront approfondies. Elles vont de l’amélioration de la gouvernance du secteur forestier, à la création des incitations à la gestion durable et l’utilisation efficace des ressources forestières ; en passant par le renforcement du suivi et du contrôle forestiers et l’application de la loi. Le tout avec en toile de fond, le développement des alternatives à la déforestation et à la dégradation des ressources forestières.

En attendant d’y voir un peu plus clair, les mêmes informations font, surtout, état que bien que les études y relatives varient largement, Madagascar peut être considéré comme pays à fort taux de déforestation. Pendant de longues périodes de son histoire récente, il est estimé que le taux de déforestation annuel était supérieur à 1% et la couverture forestière naturelle a ainsi été réduite d’environ 19 millions d’hectares dans les années 50 à moins de 13 millions d’hectares au début des années 90. L’analyse la plus récente du changement du couvert forestier national conduite en 2007 sur la base d’images satellitaires Landsat, donne pour 1990 une superficie d’environ 10,7 millions d’hectares, d’environ 9 990 000 ha en 2000 et d’environ 9 725 000 ha en 2005, ce qui suggère une réduction du taux de déforestation annuel de 0,83% pour la période 1990-2000 à 0,53% entre 2000 et 2005.

Cette tendance de la déforestation justifie l’importance de la mise en place d’une stratégie REDD+ comme moyen d’atténuation des émissions, de prévention d’impacts des causes futures de déforestation et de dégradation notamment celles liées au processus de développement national.

Plus, d’après la même source, il est indiqué, notamment, qu’environ la moitié des forêts malgaches, ou 4 595 000 ha, se situent dans le domaine de l’Est et de la falaise orientale, formant un corridor de forêts denses humides de Fort-Dauphin au sud jusqu’à Diego au nord. L’autre moitié, essentiellement constituée de forêts denses sèches (2 550 000 ha) et de forêts épineuses (2 020 000 ha), est distribuée de manière diffuse sur les parties nord, ouest et sud du pays, avec des massifs plus importants dans le sud-ouest et l’extrême sud de l’île. Les mangroves (260 000 ha) sont concentrées sur la côte ouest, tandis que les principales forêts artificielles (300 000 ha en tout) se trouvent sur les Hautes Terres Centrales.

Faut-il rappeler que le REDD+ est une initiative internationale et transnationale lancée en 2008. Elle vise à lutter contre le réchauffement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre induites par la dégradation, destruction et fragmentation des forêts..

La Gazette

Publié dans Revue de presse

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