Environnement: La déforestation toujours menaçante

Publié le par Alain GYRE

Environnement: La déforestation toujours menaçante       

Mardi, 30 Juillet 2013

Plus de 90% de la population dépendent de la forêt dans leur quotidienneté. Ce qui favorise la déforestation. Les chercheurs comme les organismes et plateformes œuvrant dans ce domaine affirment, à l’image de l’Alliance Voahary Gasy, que la situation est devenue encore plus alarmante. Plus de 20% du territoire malgache seraient recouverts par la forêt, soit environ 13 millions d'hectares. A l’heure actuelle à cause de la  déforestation, près de 200 à 300.000 hectares de forêt disparaîtraient. Ce processus s'est récemment intensifié, tout particulièrement dans le sud et le sud-ouest de l'île. Dans la forêt des Mikea par exemple, les surfaces déboisées ont quadruplé depuis la fin des années 1980.

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Dans le sud et le sud-ouest de la Grande Ile, la déforestation est à imputer, en grande partie, au développement de la culture du maïs sur abattis-brûlis, appelée localement “hatsake”. Cette agriculture “pionnière” se développe rapidement aux dépens de la forêt sous l’effet de plusieurs facteurs : une pression démographique accrue du fait de l’arrivée de migrants, une saturation foncière des terres les plus fertiles consacrées aux cultures intensives, le relâchement du contrôle par l’Etat des défrichements forestiers.

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Pourtant, de nombreux chercheurs affirment que le hatsake n’est pas un système de culture durable. L'agriculteur défriche sommairement un espace de forêt qu'il brûle et, dès les premières pluies, sème le maïs. Au cours des trois premières années, si les conditions climatiques sont favorables, les rendements sont satisfaisants (ils peuvent dépasser 1.500 kg de grains par hectare), sans que le travail investi soit important. Un atout donc, compte tenu des surfaces cultivées. Mais, par la suite, ils ne cessent de diminuer pour atteindre des niveaux très bas (moins de 500 kg par hectare) après cinq à six années de culture. Cet effondrement s'explique par un appauvrissement des sols et l’envahissement des parcelles par les mauvaises herbes. Ces dernières pourraient être éliminées par un important travail de sarclage, rarement réalisé du fait de l’étendue des terres mises en culture. Les agriculteurs se contentent le plus souvent de brûler les pailles de ces mauvaises herbes en fin de saison sèche, pour en limiter la prolifération.

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Après avoir cultivé une même parcelle pendant 5 à 10 ans, l'agriculteur se trouve contraint de l'abandonner au profit d'une nouvelle défriche. Des questions se posent alors : comme la forêt peut-elle se reconstituer après l’abandon des cultures sur abattis-brûlis ? Les résultats concluent à l'irréversibilité de la déforestation.

En effet, aux cultures abandonnées se substitue une savane boisée, et l’écosystème forestier ne se reconstitue pas, même après 30 ans de friches. Devenue une composante structurelle de l’écosystème, l’herbe empêche en outre la remise en culture de ces friches par la pratique du hatsake.  D’autre part, les conditions climatiques plus arides du sud malgache induisent une dynamique plus lente de la végétation. Enfin, la fragilité et la faible compétitivité de la flore forestière endémique ne concourent pas à la reconstitution de forêts secondaires.

La déforestation à Madagascar demeure parmi les plus préoccupantes du monde tropical. Bien que son coût écologique n'ait pas été entièrement évalué, quelques points peuvent d'ores et déjà être mis en avant. L’érosion de la biodiversité s’avère très élevée. Selon une estimation réalisée dans la forêt des Mikea, la déforestation s’accompagne de la disparition de 75% des espèces végétales originelles, parmi lesquelles des espèces de grande valeur économique, exploitées comme bois d'œuvre ou utilisées comme plantes médicinales. Un fait d'autant plus alarmant que les forêts malgaches abritent la quasi totalité des espèces endémiques de l'île.

R.V.

La Gazette

 

Publié dans Revue de presse

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